;;
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
JJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ

C'EST. DE. LA. QUE; NOUS. SOMMES .PARTIES...
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
ET. NOUS. AVONS. RESSENTIES; L'ENVIE. D'EVOQUER. CE. QUI. RESSEMBLE. AUX. PIECES. D'UN. PUZZLE
????????????????????????
ELLES. NOUS. RESTITUENT. DANS. LE. DESORDRE
CE. QUE. FUT. L'ENFANCE. ET. L'ADOLESCENCE. D'UNE. GENERATION. UN. PEU. SPECIALE.
CELLE. QUI. A. GRANDI. DANS. LES. ANNEES. 50. &. 60

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
________________________________________
CES .IMAGES . QUI, EMERGENT; L'UNE. APRES. L'AUTRE
SONT. UN. VOYAGE. DANS. LE. TEMPS .ET . .L'ESPACE

UNE.SUCCESSION. D' ALLER ..ET. RETOUR

KKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKK
.L'ECOLE,,. SAINTE-ANNE, ;NOTRE. VIE. A. MARSEILLE
LES. AUTRES. VILLES. OU. NOUS. AVONS .VECUES
DES..SOUVENIRS. DE. VACANCES
NOS. FAMILLES, .NOS. AMIES. ET. AMIS

LES .PERSONNES. QUI. ONT. INFLUENCEES. NOS. VIES

LES. LIEUX .QUI .NOUS. SONT. CHERS....


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mardi 3 novembre 2009

79 | Anne | A la tristesse du départ, s'ajoute toujours le plaisir du retour...

nnnnnnnnnn
Je suis rentrée.
Tout a une fin,
même de longues vacances
de quatre mois !
..
Très émue de nous retrouver,
Nicole et moi.
.
Prêtes à repartir pour une année
de rires, de bêtises, d'enfance.
J'ai hâte de nous lire
en sachant que nous allons passer
plus de temps à nous écrire,
qu'a rédiger des textes.
Mais qu'importe
c'est notre vie !
.
Je vais dépoussiérer ma pièce.
Nicole a tenu impeccablement
le reste de l'appartement.
J'en aime la lumière,
qui éclaire aussi nos autres vies.
C'est un lieu ou palpitent
et se croisent
en volant avec leurs petites ailes charmantes,
les souvenirs déjà écrits
que l'on relit avec un bonheur tendre,
et les autres.
.
Nous attendons que l'un d'eux
nous interpelle,
raconte moi !
.
Alors nous reprenons le porte-plume.
Et comme sur une rédaction d'antan,
nous tirons la langue,
nous appliquant
à traduire au mieux
le petit film qui occupe notre esprit.
Il nous arrive
à l'une comme à l'autre,
d'y revenir, des mois plus tard,
changer un mot, une phrase.
.
Le mien me poursuit de ses assiduités
depuis cet été.
J'ai essayé d'écrire le texte,
mais sans le blog,
cela ne le faisait pas...
.
Ne ratez pas le prochain épisode
Souvenirs de trajets de vacances, rituels.
qui laissera perplexes
les nouvelles générations...
et fera sourire les autres.
.
Quelques indices...
VU !
PHILIPPINE !
C'EST-FI-NI !
.
La suite dans quelques jours,
ou quelques semaines...
.

samedi 19 septembre 2009

78 | Nicole | Ramona

_________________________________________________________
Tatie Toinette habitait le quartier du Rouet.
A quelques pas de la maison de Pépé.
C'était une de ses soeurs .
Originaire d'Italie , son véritable prénom était Antonia.
Sans doute venue très jeune en France,
il avait été transformé rapidement en Antoinette ,
puis bien des années plus tard à la naissance de ma mère
en Tatie Toinette.
___________________________________________________________
Elle travaillait à la fabrique d'allumettes qui se trouvait juste en face de sa maison.
Elle n'avait que la rue à traverser.
Mariée à tonton David, ils n'avaient pas d'enfants.
Sur lui mes souvenirs sont assez flous.
Je me souviens qu'il m'emmenait souvent au parc Chanot faire un tour sur les petits chevaux de bois ou voir Guignol dont la petite baraque se trouvait au milieu du jardin d' enfants
à coté du marchand de friandises.


S 'étant beaucoup occupée du bébé que j'avais été bien avant notre départ pour Sète,
Tatie Toinette avait pris un peu la place de ma mémé souffrant déjà à cette époque de la maladie de Parkinson.
J'étais devenue leur petite fille.
_______________________________________________________
Leur maison, rue de Benedetti, était toute petite et donnait sur la rue.
La cuisine était leur lieu de vie.
j'adorais contempler les petits canards de dentelle blanche
dessinés sur les rideaux de l'unique fenêtre
éclairant de leurs formes surannées
la vue sombre d'une cour intérieure .
Je n'en avais jamais vu de semblable.
______________________________________________
________ A coté de celle ci se trouvait une pièce noire que Tatie n'ouvrait qu'en cas de besoin.
" La réserve "disait elle.
En face , la petite salle à manger dont la porte restait toujours fermée,
comme si le lieu n'était réservé qu'aux grandes personnes.
__________________________________________
La cuisinière à charbon servait à la cuisson des repas,
"le fricot "disait Tatie
et en même temps, faisait office de chauffage pour les deux pièces principales;
la cuisine sombre toujours éclairée par la lampe blanche qui tombait du plafond,
et la chambre aux volets clos dont la vue donnait sur la rue.
________________________________________________________________
______Outre les délicieux flans aux oeufs que j'adorais et qu'elle préparait divinement bien
elle possédait dans l'obscurité de sa chambre,
posé sur le marbre de la commode
un trésor fabuleux.
________________________________________________
C'était une statuette de plâtre
représentant le buste d'une femme,
le visage noirci, les cheveux courts et crantés à la mode 1920,
les lèvres rougies d'une peinture ordinaire et le regard figé dans un sourire serein.
___________________________________________________
Sur son socle, inscrit en lettres d'un rouge carmin
"Ramona".
_____________________________________________________
Sans doute gagnée dans quelque fête foraine par tonton David,
je ne pense pas que cette statuette ait eu une valeur exceptionnelle .
Sauf à mes yeux de petite fille....
________________________________________________________
Je la trouvais très belle!
et surtout je pensais qu'elle m'attendait.
Entre elle et moi , c'était une histoire d'amour,
comme avec le petit Jésus en cire de Mademoiselle Norotte quelques années plus tard.

Tatie Toinette était certes dans la confidence.
Elle savait combien je l'aimais.
A mon arrivée,
elle allait la chercher dans la chambre aux volets clos
pour la déposer dans mes bras en me recommandant de ne pas la faire tomber.
Pas de risque je ne l'aurais lâché pour rien au monde.
______________________________________________________
Dialogue muet empreint de toute la magie de l'enfance.
Je la berçais, la câlinais comme je le faisais encore avec mon poupon Alain.
Je savais qu'elle était ravie de sortir de l'isolement de cette chambre obscure et
je pensais que plus tard sans doute, elle m'en serait gré.
_________________________________________________
Au moment du repas,
posée sur la table de la cuisine, elle m'observait ainsi de son regard impassible,
enviant sans doute le délicieux flan aux oeufs dont je me léchais les babines ,
ce qui me donnait le droit de la consoler ensuite
de ne pas lui en avoir laissé un petit morceau .
___________________________________________________________
Le soir venu,
docile et souriante,
elle repartait seule sur le marbre froid de la commode,
dans la chambre obscure,
attendant certainement une prochaine visite.
________________________________________________________
___________________________________________________________
Tatie Toinette est partie dans les années 70,
bien longtemps après le départ de son époux .
_________________________________________________________
La fabrique d'allumettes avait fermée ses portes quelques années auparavant et à sa place s'était construit le club du 3ème âge du quartier,
ou Antoinette, petite ouvrière à la retraite se rendait chaque jour.
Décidément, durant toute sa vie, elle n'aura jamais cessé de traverser sa rue !
_____________________________________________________________
Cinquante années sont passées.
Ramona, est toujours là.
Impassible,
sereine et patiente
reposant au fond d'un carton
dans l'obscurité de la cave
esquissant toujours son même sourire carmin.
_________________________________________________________
Et aujourd'hui ,
je me plais à penser,
que silencieuse et couchée
au fond d'un carton
elle m'attend ...
____________________________________________________
Ce soir , j'ai décidé.
___________________________________________________
Je vais aller la chercher...
_____________________________________________
Nicole










jeudi 25 juin 2009

76 | Anne | Intermède en miroir

.
Ce n'est pas une coïncidence
si nous avons, l'espace d'un instant,
abandonné notre porte-plume pour un stylo.
.
Nous sommes parties sur les traces de notre enfance
de façon aussi parallèle
que des skis sur la neige.
.
Nous prenons notre temps...
Il ne suffit pas de regarder le passé
pour se mettre à raconter.
Il faut une étincelle,
un souvenir particulier
et la nécessité irrépressible de l'écrire.
Le résultat est à la mesure de l'attente ...
.
J'aime cet espace que nous partageons,
que nous sommes seules à voir,
et dont chacune a imaginé un décor.
..
Le mien est très dépouillé.
Des murs blancs, des fenêtres.
.
Chacune a une pièce personnelle
où l'autre n'entre pas.

Celle, beaucoup plus grande, que nous partageons
est de loin ma préférée.
Sur les murs, côte à côte,
toutes les photographies qui ont illustré nos récits.
.
Trois d'entre elles sont à part.
.
La. photo où Nicole m'a reconnue
;
.
Les pestes...












Deux fillettes inséparables
.;;;..Qui évoluent dans leur monde.
;;Ne ratent jamais une bêtise,
. ;;;;.font ensembles leurs punitions.

Étrangement quand elles se confessent,
elles élaborent laborieusement une liste de péchés fictifs,
comme si elles avaient déjà la notion de vie privée.
.
.
Je vais refermer la porte pour plusieurs mois.
Déjà nous nous éloignons l'une de l'autre
pour éviter la souffrance d'un adieu brutal...
Tout me manquera.
Mais il me suffira en rentrant
de projeter le film à l'envers.
La porte s'ouvrira

et...
.
.
à suivre

jeudi 28 mai 2009

75 | Nicole | Intermède.

__________________________________________________________
Je n'aurais jamais pensé lorsque j'ai commencé à écrire sur ce blog que je serais partie fouiller aussi loin dans ma mémoire.

Comme des images gravées à tout jamais sur une pellicule, les impressions et les sentiments demeurent intacts et le film défile avec une facilité parfois déconcertante.

Lorsque j'étais enfant, je croyais que ma vie se déroulait comme au cinéma.
J' étais la vedette du film.

"ON" me regardait !
ce "ON" c'était personne
et c'était en même temps "Quelqu'un"

Cette idée peut paraître singulière,
mais en même temps elle m'a permise d'apprendre la retenue.
Il fallait que je sois toujours correcte envers les autres, que je me tienne bien,
que je sois polie, gentille, obéissante, charitable et respectueuse...

Souvent mon imagination s'amusait à déborder
et le "monde" que je m'inventais et dans lequel j'évoluais
était sans contexte à mes yeux
exceptionnel.

Je ne peux expliquer
la raison qui me pousse à écrire tout cela aujourd'hui !
Les mots jaillissent, se bousculent presque à mon insu
pour couler comme l'eau de la source de Beaumont de Pertuis,
petit village Provencal,
ou j'ai passé toutes les vacances de mon enfance et de mon adolescence,
bien des années après que la maison de la Penne ait été vendue.
_________________________________________________________
Aurais je alors compris maintenant que tout est illusoire et éphémère,
que chaque instant de magie doit être vécu comme le dernier.
Je suis tentée de dire " Pouce" a l'implacable passage du temps
comme je le faisais enfant dans la cour de récréation lorsque je voulais arrêter le jeu.

Voilà aussi que maintenant
je ressens l'envie de parler de mon père qui était merveilleux,
de ma mère qui me manque terriblement,
des sauterelles que mon grand père attrapait pour m'amuser,
de l'eau fraîche qui remontait du puits les jours d'été,
des berceuses que me chantait ma grand mère,
des délicieux flans aux oeufs de tatie Toinette,
et de toutes ces petites choses qui peuvent paraître insignifiantes aujourdhui
et qui inexorablement tissent la trame d'une vie.
________________________________________________
Nicole.

lundi 25 mai 2009

73 | Nicole | La Penne et Kinou. Une histoire d'amour....

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A l'arrivée des beaux jours,
mes grands parents partaient en vacances dans leur maison de campagne
à la Penne sur huveaune.

Cela se passait bien avant ma naissance !

Comme le petit Marcel dans les livres de Pagnol,
ils prenaient le tramway sur le boulevard Chave en direction d'Aubagne,
passaient devant les villages de la Pomme, Saint Marcel, la Barasse, la Millière
pour descendre enfin à l'arrêt de la Penne, les bras chargés de valises.

Le paysage que nous offre encore aujourd'hui cette petite commune entre Marseille et Aubagne
n'a plus rien à voir avec celui de mon enfance
et pourtant lorsque je passe par là, tout me semble encore familier.
Soudain les images et les souvenirs reviennent
faisant ressurgir la petite fille d'antan tenant la main de sa grand mère...
_____________________________________________
A la descente du tramway, commençait alors une longue marche.
Tout le paysage me paraissait gigantesque sous le soleil de Juillet
Rassurée et heureuse , la main blottie dans celle de grand maman ,
Grand papa cheminant à ses cotés et portant les valises.
_______________________________________________________
Tout d'abord il fallait longer l'église,
puis le cimetière, avant d'apercevoir au détour du chemin la grande laiterie.
Je savais que la marche serait longue avant d' arriver à la traverse Reine .
Il nous faudrait emprunter d'abord le chemin caillouteux de la colline avant d'arriver à la maison aux volets bleus.
Sa vue serait le signal du début des vacances.
_____________________________________________________________
Pas d'eau au robinet, pas d'électricité, mais peu importait!
Plus le bruit des voitures, plus la chaleur étouffante de la ville les jours d'été,
seulement la colline aux multiples senteurs, le chant des cigales,
la lampe à huile posée sur la table le soir venu
et l'eau fraîche du puits.

________________________________________________
Mes pensées s'attardent encore aujourd'hui avec nostalgie sur cette petite maison qui a marquée de façon indélébile une partie de mon enfance.
Comme si elle avait tissée des liens entre une époque qui me parait si lointaine et si proche à la fois.
_________________________________________________
Avant ma naissance, c'était déjà un lieu de rendez vous.
Grandes fêtes familiales, communions, anniversaires, fiançailles ,
tout se passait à la Penne.
Point d'ancrage de cousins, cousines, oncles et tantes,
témoins de l'enfance et de la jeunesse de mon père et de ma tante.
_______________________________________________________
Tous les ans, nous revivions ces évènements sur l'écran blanc, souvenirs fixés à tout jamais par mon grand père sur la pellicule du Pathé Baby.
Images muettes en noir et blanc, que grand papa accompagnait au piano pour le plus grand plaisir de tous.
_____________________________________________________
Cette maison mon père l'aimait!
A sa seule évocation, ses yeux s'éclairaient soudain comme si tout à coup le petit garçon qu'il avait été ressurgissait.
Il se plaisait alors à me raconter, son enfance, ses parents, son adolescence...
et la magie opérait aussitôt.
_________________________________________________
Cette maison je l'avais faite mienne, comme si dans ses vieux murs de pierre
je ressentais encore la joie de tous ces rires inconnus.
Maintenant c'était mon tour!
avec bienveillance et douceur , elle m'invitait à sa table.
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Temps déja lointain
ou une petite fille insouciante
courait dans la colline en criant
"Pierre, Pierre je suis là !"


"Pierre, Pierre"
était le fils cadet d'une famille voisine et certainement l' un de mes premiers compagnons de jeux.
Sa maison se trouvait au début de la traverse Reine.
Ses parents y vivaient toute l'année.
C'était un petit garçon de la campagne et lorsque approchait le temps des vacances,
il savait que j'allais arriver.


Mon chien s'appelait "Kinou ".

En ces temps là

Je pensais qu'il était mien !

Il appartenait à Tata et Loulou

des amis de la famille.

Kinou fut mon premier ami à quatre pattes.

En âge de "chien" nous étions jumeaux !
mais ce que je ne savais pas encore,
c'est qu'il allait devenir rapidement beaucoup plus grand que moi
et que le temps passant,
nous allions devenir bientôt inséparables.

Quelle patience et quel attachement envers cette petite fille,
à qui il laissait des prérogatives interdites aux grandes personnes,
qui pouvait lui mettre la main dans la gueule sans qu'il la referme de peur de la blesser
et qu'il excusait de toutes ses bêtises en grognant après ceux qui la grondait.

Nous fûmes séparés lors de l'installation de mes parents à Sète.
La perte de mon petit compagnon ajoutée à celle de l'éloignement avec mes grands parents
J'en eu un gros chagrin.
Les chiens n'oublient jamais.
leur attachement est sans faille
seul compte la joie de l'instant et des retrouvailles
Malgré la distance et la séparation jusqu'à sa disparition je fus toujours son amie.
____________________________________________________
Des années plus tard, un autre Kinou trouvé dans les collines de Beaumont de Pertuis viendra trouver refuge dans notre famille.
Sans doute un désir fou de faire revivre le premier
Mais ceci est encore une autre histoire .....


Nicole

mardi 21 avril 2009

72 | Annette | MON Livre de Lecture !

..
.. Depuis notre arrivée à Marseille
la vie était vraiment des vacances,
mais elles semblaient sans fin.
On m'avait acheté un beau cartable en cuir,
une ardoise avec une petite éponge,
et un plumier décoré d'une jolie gravure.
Je ne ce cessais de les contempler,
en guettant avec une impatience qui allait en s'amplifiant,
le jour de ma rentrée à la Grande École.
.
En faisant mes premiers pas dans la cour,
je fus à la fois déçue et ravie.
Déçue parce que je ne voyais pas de différence
avec mon ancienne école,
et ravie pour les mêmes raisons.
Nous étions beaucoup plus nombreuses,
mais l'atmosphère était à l'identique,
chaleureuse et familiale.
.
C'est en rentrant dans la salle de classe
que je pus enfin savourer ma fierté.
Au lieu du joyeux tohu-bohu de l'an passé,
nous nous sommes installées
chacune devant un pupitre à soi.
Mademoiselle Fleury
qui semblait toute contente d'être là avec nous,
distribua les cahiers et le livre de lecture.
Je le reçus comme un cadeau précieux.
Et il devint, sans me lasser jamais,
le fidèle compagnon de ma 11ème..
.
.
Je le ramenais à la maison,
me dépêchant de faire la leçon aux deux petits.
Il est interdit d'y toucher
et d'abord c'est pour mon travail !

Les choses mises au point j'écourtais mon goûter,
pour regarder MON livre.
.
J'étais fascinée par sa couverture.
Et bien qu'assez vite, elle soit cachée
par le papier bleu qui protégeait nos livres de classe,
elle s'est gravée dans ma mémoire
avec une précision photographique.
.
Ces deux enfants assis dans l'herbe sous un pommier,
je leur ressemblais.
Nous étions tous les trois en train de lire
pour le plaisir,
après la classe.
.
Mais c'est un détail particulier qui me médusa.
La petite fille tient son livre de telle façon,
que l'on peut voir sur la couverture
la même petite fille y lire le même livre,
et en regardant attentivement
on peut en distinguer une troisième
puis une quatrième...
C'est ainsi que je fis connaissance avec
le mystère de l'infini.

.
En retrouvant mon livre bien des années après,
j'ai tourné les pages le coeur battant.
Allais-je revoir avec le même enchantement
celle qui fut ma préférée ?

.
C'était un son dont je voulais vérifier la présence.
Clé ma ti te.
Un son qui n'appartenait qu'à moi,
et que je n'associais à aucune image.
lI était rare, secret comme une bille en verre,
et teinté de mystère.
Je ne savais pas que d'autres petites filles
pouvaient faire la même chose.
Et j'ai été aux anges quand plus tard,
j'ai découvert en lisant Colette,
l'histoire de Bel Gazou et de son presbytère.
.


.
J'avais une autre raison d'adorer cette page.
La maison que l'on voyait ressemblait
à celle d'une compagne de classe.
Appelons la Emma...
Elle ne m'aimait pas, je le lui rendais bien.
Elle m'avait joué un sale tour que je n'ai pas oublié.
Plus que sa maison,
ce qui rendait précieux ce souvenir, c'était sa rue.
L'Allée des buis.
.
Elle formait avec le boulevard Marin
la fin de mon itinéraire favori.
Deux rues minuscules bordées de petites maisons.
Mais si le boulevard Marin était sans charme particulier,
l'Allée des buis méritait bien son nom.
Elle croulait sous la verdure.
Platanes et tilleuls centenaires,
bosquets fleuris dont les couleurs et les senteurs
se mêlaient avec nonchalance.
C'est dans cette rue que je découvris le Seringua
au parfum délicat,
ses fleurs d'un dessin parfait,
et la pluie de leurs pétales qui formaient un tapis
sur lequel je n'osais marcher.
.

.
Cette Ronde qui symboliquement achève le livre
je la relisais souvent.
Elle créait en moi le même frisson que le
Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté
que l'Ange Boufaréou lançait à travers le ciel
à la fin de la Pastorale des Santons.
.
.

Il y a dans les souvenirs
liés à la lecture de mes deux premiers livres,
quelque chose de très troublant.
On pourrait l'intituler emphatiquement,
de l'influence des premières images
sur la construction de la personnalité.

.
Dans Gédéon,
l'identification à ce personnage et à sa différence,
la solitude qu'elle entraîne,
mais aussi la richesse qu'elle représente.
Et puis j'ai toujours été envoûtée
par le clair-obscur de la nuit,

la lune, les paysages en ombres chinoises
où se détache l'intérieur éclairé des maisons.

.
Sur la couverture de mon livre de lecture
le dessin reproduit de plus en plus petit à l'infini,
représente pour moi, un passage secret vers un ailleurs
que, je le savais, tous ne cherchaient pas.
Cet abri m'a permis de m'identifier,
et d'habiter l'âme de ceux qui me touche.
La Ronde, elle, m'a sensibilisée à l'idée d'un monde
où chacun aurait sa place,
et m'a rendu intransigeante face à l'injustice.
.
Enfin, si l'un de mes plus grands plaisirs
est d'avoir un bon livre entre les mains,
un plaisir plus grand encore
est de le lire allongée dans l'herbe.
Et si en plus c'est sous un pommier,
que je n'ai qu'à tendre la main
pour pouvoir croquer mon fruit préféré,
je suis au paradis
et seul un serpent pourrait m'en déloger !
Tiens c'est bizarre, cela me rappelle quelque chose.
J'ai déjà dû lire ça quelque part...



Gédéon se trouve au numéro 41
je suis presque née un livre à la main
.
.

.
.

mardi 31 mars 2009

71 | Nicole | Le Passeport.

________________________________________________
Cette photo figure sur le passeport de ma mère
à coté de la sienne.
__________________________________________________

Dans les années 50,
c'était une formalité obligatoire pour aller en Italie.
A cette époque,
ma grand mère maternelle était déjà atteinte par la maladie de Parkinson
et la charge d'une personne dépendante
était devenue bien trop lourde pour mon pépé.
Ce fut en grande partie la cause de notre retour à Marseille en 1953
après quatre années passées à Sète.
Ma mère désirait certainement être auprès de la sienne.
________________________________________________________
Cet été là, nous devions tous partir en Italie.
Pour mes grands parents maternels c'était un retour vers leurs racines.
Pour mon petit frère et moi
c'était la première fois !
__________________________________________________
Ma mère décida donc de m'emmener chez le photographe
pour faire la photo du nouveau passeport .
__________________________________________________
je n'aimais pas cela !
Prendre la pose , sourire à la commande,
ne me convenait guère.
Cela aurait sans doute été un moindre mal,
si comme d'habitude,
lorsque je sortais en promenade avec maman
j'avais pu emmener mon poupon Alain.
_______________________________________________
Ce jour là, catégorique,
ma mère refusa.
Je ruminais donc en silence tout le long du chemin
quelle pourrait bien être ma vengeance.
Une idée ne tarda pas à germer dans mon esprit !
J'allais saboter la photo...
Je n'aurai qu'à attendre l' instant bref
ou le photographe, caché derrière sa grosse boite noire, me dirait
" Attention! le petit oiseau va sortir
Fais moi un joli sourire."
___________________________________________________
_Savourant déjà cette idée avec jubilation
Je présenterai de ce fait à la postérité,
à l'instant fatidique ou le flash jaillirait de la drôle de machine,
le portrait inédit de ce que ma mère nommait parfois
ma " Mauvaise tête ".
Pinçant alors de toutes les forces mes lèvres
afin de n'esquisser aucun sourire,
tout en essayant de garder un sérieux convenable,
j'offris ainsi au photographe
le visage de ma revanche.
______________________________________________________
Quelques jours plus tard
maman revint avec la photo,
sans doute amusée par mon portrait,
me prévint gentiment.
________________________________________
_"Nicole !
demain, nous retournerons chez le photographe.
Mais tu vois ! cette photo je vais la garder
lorsque tu seras grande, je la montrerai à ton fiancé.
il pourra voir quel spécimen, il va prendre..."
____________________________________________________
A l' époque,
cette menace ne me préoccupait guère!
j'aimais mille fois plus mon poupon Alain...
_______________________________________________________
Le lendemain,
nous sommes reparties toutes deux chez le photographe
Alain cette fois nous a accompagné.
La seconde photo fut ainsi faite !
Finalement,
je lui accordais un de mes plus beaux sourires
et lorsque le petit oiseau est sorti,
nous fûmes tous ravis.
_____________________________________________________
Ce qu'il advint de la photo ?
Ma mère l'a rangée soigneusement dans un coffret.
_____________________________________________
Bénéficiant sans doute
d'une indulgence toute maternelle,
je n'eus jamais à rougir devant un futur prétendant
de mon évidente mauvaise humeur.
L'avait elle vraiment oubliée ?
ou bien s'était elle souvenue qu'à dix ans
elle était la championne
de tous les concours de grimaces de son quartier.
________________________________________________
Hier, lorsque je l'ai retrouvée
parmi toutes les photos de famille
sur mon visage s'est dessiné
un sourire amusé empreint d'une douce nostalgie...
______________________________________________
Nicole




70 | Annette | Deux amies d'enfance...

YYYYYYYYYYYYYYYY

Nicole et Annette

Deux petites pestes sympathiques
qui dès le départ
avaient tout pour s'entendre.
Elles adoraient
leurs maillots
à smocks.
Elles ont bu
les mêmes tasses
tchin tchin, ...........................
d'abord à la mer, ...................
ensuite à la piscine du Chevalier Roze .....
dont les leçons de natation ....
étaient le cauchemar de chaque semaine. .
..................................
Nicole habitait au Trioulet.
Annette au Corbusier.
Le Boulevard Michelet à traverser...
Nicole le faisait souvent
pour venir jouer dans le parc.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
C'est en 1954, à cinq ans, qu'Annette
fait ses premiers pas
à l'école Sainte Anne
18, rue Thieux.
Un an plus tard
Nicole la rejoint.
Après la classe,
comme tous les enfants du quartier
elles allaient chez Crotte.
Et parmi tous les bonbons, elles préféraient
le Coco Boër et ses jolies boites en métal.
jjjjjjjjjjjjjjjjj
Trois années les séparaient.
Elles vivaient dans des mondes parallèles.
Mais Nicole aimait jouer avec les petites.
Et elles ont ensembles
passé pompom les macarons,
sauté à la corde,
et joué à la balle sur le mur de la Cantatrice.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Et l'histoire s'est arrêtée là.
Elles ne se sont pas connues.
Annette a quitté l'école quatre ans plus tard.
Elle avait dix ans
rentrait au lycée.
Et ce qui aurait dû être
un valorisant rituel de passage
sur le chemin de l'adolescence,
ne fut que le sentiment douloureux
d'un paradis à jamais perdu.
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;
La vie passe.
Toutes les deux ont exercé le même métier,
aimé les films en noir et blanc des années 50,
sont devenue mères,
ont vieilli.
...............
Hantées par le souvenir de leur école,
elles s'inscrivent sur l'un de ces sites de recherche.
Une bouteille jetée à la mer...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Il y a des rencontres qui sont écrites
depuis toujours.
Il suffit d'attendre le jour et l'heure.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Quand ce blog a commencé
elles en étaient au même point.
Un décor commun,
qui reprend vie au fil des souvenirs qu'elles évoquent
et illustrent de leurs photographies.
hhhhhhhhhhhhhhhhh
Et le jour et l'heure arrivent.
Sur l'une d'elle,
Nicole reconnait cette petite fille
qu'elle percevait comme différente des autres,
proche d'elle, sans savoir pourquoi.
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;
C'est le début d'une autre histoire.
Les années se sont envolées.
Soudain à l'école, voilà que nous nous parlons.
Nous faisons ensemble mes tours de cour.
Nous devenons inséparables, complices, confidentes.
L'alter ego qui permet de tout dire
de tout comprendre.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Des amies à la vie à la mort.
Voilà
c'est comme ça et pas autrement !
.........................................
............................................

lundi 30 mars 2009

69 | Nicole | La Piscine.


A l'école publique Coin Joli
au programme scolaire
il y avait "Piscine"
Rien que l'évocation de ce mot provoque encore en moi un souvenir cuisant.
J'adorais aller à la mer
mais je ne savais pas vraiment nager.
_____________________________________________________
Mes parents qui étaient d'excellents nageurs aimaient aussi la randonnée.
Nous allions souvent à Port Pin ou à Sormiou passer la journée.
J'avais trois ans, lorsque j'ai" bu" ma première tasse "
alors que je jouais tranquillement avec mon seau
ma tête sûrement plus lourde que le reste,
fit connaissance avec cette eau.

Méfiante depuis ce jour,
je ne nageais plus qu'en compagnie de ma bouée.

Le temps était venu d'apprendre...
Me voila donc partie, confiante et ravie,
sur le boulevard Michelet, en rang d'oignons avec mes petits camarades,
accompagnée de la maîtresse de classe,
jusqu'à la piscine du Chevalier Roze Sport.
.______________________________________________
J'avais pris mon petit sac du goûter,
mis mon petit maillot à smocks
et attachée mes cheveux en un chignon au dessus de la tête pour ne pas les mouiller.
________________________________________________________
Ensuite tout ce qui suit va se dérouler comme un gag!
Tel les films muets qui passaient en ce temps là
à la Télé.
________________________________________________________
J'avais été absente la semaine précédente pour la première leçon.
Les groupes de natation avaient déjà été formés.
Il y en avait trois.
Les débutants dans le premier,
ceux qui possédaient quelques rudiments de natation dans le second
et dans le dernier ceux qui étaient là pour apprendre à plonger.
_________________________________________________________
N'ayant été mise dans aucun d'entre eux,
un peu perdue, ne sachant ou aller,
j'ai suivi timidement le troisième.
N'osant pas dire non plus que je ne savais pas nager,
lorsque ce fut à mon tour de plonger,
je fus contrainte de sauter.
Ce que je fis courageusement,
à pieds joints,
m'en remettant à mon ange gardien.
_____________________________________________________
Comme un lourd paquet tombé à l'eau
j'ai soudain touché le fond
ouvrant la bouche pour crier,
essayant désespérément de respirer,
remontant à la surface,
pour redescendre aussitôt.
Toujours criant et suffoquant,
buvant toute l'eau de la piscine, durant un temps interminable
jusqu'au moment ou,
mon ange gardien sans doute passant par là,
et voyant mon désarroi,
me rattrapa par le chignon.
__________________________________________________________
Mes larmes se mêlant à l'eau de la piscine,
n'ayant pas vraiment compris ce qui m'arrivait,
je jurais que l'on ne m'y reprendrait plus.
J'en fus tellement honteuse que je n'ai jamais rien dit à mes parents,
et j'ai continué pendant toute l'année scolaire,
comme si de rien n'était,
à me rendre dignement au Chevalier Roze,
avec mon petit maillot smocké
mon petit chignon bien fait
et mon panier du goûter.
_________________________________________________________
Comme toutes les autres , je posais mon sac au vestiaire, me déshabillais,
mettais mon maillot comme pour faire des longueurs de bassin,
puis furtivement et sans bruit, évitant d'attirer l'attention,
je me glissais en haut des gradins
me cacher derrière les projecteurs.
Du haut de ce perchoir,
me croyant sans doute protégée,
je pouvais à loisir en un seul regard surveiller l'étendue de la piscine
comme le faisaient jadis les gardiens de phare,
tout en gardant un oeil averti sur mon ennemi fatal
"le maître nageur"
________________________________________________
Aux questions de ma mère,
les soirs de piscine, je répondais par un désinvolte
"je me suis bien amusée!"
Et c'est ainsi qu'une fois par semaine, durant toute une année scolaire
je lui ai menti.
______________________________________________
J'ai appris à nager bien des années après...
Mais plus jamais
je ne suis retournée au Chevalier Roze Sport !
________________________________________________
Nicole.
________________________________________
"C'est plein de chlore au fond de la piscine,
J'ai bu la tasse, tchin, tchin."
_________________________________________________
Paroles et musique Serge Gainsbourg.

mardi 17 mars 2009

68 | Annette | Le-Chevalier-Roze-Sport

..
gggggggggggggg
Notre installation à Marseille
me fit découvrir les joies de la baignade.
.......................
J'adorais mon maillot de bain en tissus froncé.
Je me sentais vraiment d'ici quand je le portais.
Et quand je le portais... nous allions à la mer !
Je nageais,
j'avais ma bouée de liège.

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

Après un ou deux étés
il fut question de leçons de natation.
Et nous voilà partis, mon frère et moi,
main dans la main,
vers Le-Chevalier-Roze-Sport.
Il suffisait de traverser le boulevard Michelet
et de longer la contre-allée bordée de platanes,
pour arriver devant le bâtiment blanc
où ces mots étaient inscrits sur le mur.
Je savais lire et c'est ainsi
qu'ils se sont gravés dans ma mémoire,
liés entre eux
comme les panneaux de liège de ma bouée.
.....................................
Il faudrait pouvoir projeter simultanément
deux séquences
qui raconteraient en parallèle
ce que fut cette expérience
étrange.
.......................
Les leçons se suivaient à l'identique.
Je descendais le long de l'échelle,
ne quittant le dernier barreau
que lorsque j'étais agrippée à la perche de bois
du maître nageur.
Et commençait mon calvaire...
Vous me promettez de ne pas me lâcher ?
Il promettait, me lâchait au bout de quelques mètres,
je buvais la tasse, et pendant que je tâtonnais
pour trouver une prise sur le bord
il entonnait la même phrase,
si tu arrives au bout je te paye une cassate !
................
Au bout je n'y suis jamais arrivée, ni même à la moitié.
Quand mon frère sut nager
mon père eut la sagesse de ne pas insister.
J'ai conservé ma bouée jusqu'au jour
où soudain, c'est venu tout seul.
J'avais 12 ans !
.................................hh

...................................
Le décor reste le même...
Là commence l'enchantement.
Je découvrais cette étendue d'eau bleutée
où le soleil dessinait des lignes mouvantes.
Les murs blancs reflétaient la lumière
et j'étais fascinée par un ensemble de sensations.
Il y avait l'odeur du chlore, les cris joyeux,
les éclaboussures des plongeons bruyants.
Et si j'ai vite oublié l'épisode peu glorieux des leçons,
je fus envoûtée par le charme de ces instants.

..................................................

Je pense souvent à cette cassate que je n'ai jamais eue.
A l'époque j'en mourrai d'envie.
C'était une glace triangulaire
enveloppée de papier dorée qui se dégustait
à la cuillère
assise à une terrasse de café.
Adulte, j'aurai pu m'en offrir autant que je voulais.
Je ne l'ai jamais fait.
Il y des saveurs qu'il ne faut pas chercher à retrouver.
Son nom suffit à évoquer le désir
et une suite d'images colorées, éclatantes de lumière...

qui ont la saveur d'un désir d'enfant.
.....................................................

Emprunts
La première photographie à Laurent Askienazy
A Edward Hooper un détail de A bigger splach

lundi 9 mars

dimanche 15 mars 2009

67 | Annette | Les battements de mon coeur

JJJJJJ
888888888888
C'était le tout début de notre nouvelle vie.
Un soir à l'heure du coucher
Maman me déshabille.
Elle m'enlève mon chemisier,
pose sa main sur ma poitrine
et murmure
je peux sentir battre ton coeur...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
88888888888888888
JJ'ai vécu cet instant
comme quelque chose de merveilleux,
un moment de tendresse inouï
qui semblait m'entourer toute entière...
Je me suis senti redevenir toute petite
comme si j'avais retrouvé ce nid
d'avant la naissance.
Et j'ai cru longtemps,
que seule une maman
pouvait sentir battre le coeur de sa petite fille...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

lundi 9 mars 2009

66 | Nicole | Poème à mon amie



Lorsque le soir, le froid glace mon coeur
et obscurci mon âme
je pense à elle.
____________________________________

____________________________________
Lorsque le jour, les oiseaux ne chantent plus
que le soleil s'est tu
je pense à elle.
__________________________________________

______________________________________
Quand tout est triste dans ma vie
et quand tout est gai aussi
je pense à elle.
________________________________________________

____________________________________
Quand dans ses yeux plein de tendresse
je crois entrevoir ma détresse
je pense à elle.
_______________________________________________

___________________
Pourtant je n'ose lui dire, à elle,
ma douce, ma soeur, mon amie
combien je l'aime...
___________________________________________

___________________________________
Nicole.

_____________________________________________

Poème retrouvé hier dans mon cahier d'écolière
croquis fait en cours de dessin au temps de l'école Sainte Anne.

dimanche 8 mars 2009

65 | Nicole | Je ne connaissais pas son prénom...

Mais son visage était dessiné ainsi dans ma mémoire.
____________________________________________________
En voyant cette photo
une émotion de petite fille a soudain ressurgie,
telle une reconnaissance, oubliée durant des années,
mais toujours aussi présente
comme si elle avait été figée par la magie d'une pellicule
en même temps
que ce visage enfantin et grave à la fois.
______________________________________________
Visage qui m'a interpellé
aujourd'hui, hier, il y a 52 ans,
dans la cour de récréation d'une petite école,
comme si alors, j'avais déjà ressenti
toute la gravité,
la profondeur et les questionnements de cette petite fille,
si différente
et pourtant si semblable à moi même.
_______________________________________________
Nicole.

dimanche 1 mars 2009

64 | Annette | Son prénom était Françoise...

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
---------------------
C'est là que nous vivions, au Corbusier.
Sa famille était déjà installée à notre arrivée en 1954.
La Maison du Fada n'attirait pas les foules.
Ce paquebot, sortit de terre
entre deux petits châteaux
et ce qui ressemblait encore à la campagne,
avait bien du mal à se faire une place.

L'état, partie prenante de sa construction,
décida d'y loger des fonctionnaires.
Mon père en faisait partie.
D'autres appartements furent attribués
à ceux qui avaient subit des dommages de guerre.
Son père était de ceux-là.
Il était, d'après l'annuaire des habitants,
administrateur en chef. F.O.M.
Ce qui semble avoir un rapport avec l'Outre Mer,
mais tout ce que je sais, c'est qu'ils vivaient
entre Madagascar et Marseille.
-------------
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Nous étions proches parce que
nos mères participaient toutes deux aux Heures d'Amitié,
un mouvement lié à la paroisse.
Nous fréquentions les mêmes écoles.
Ils étaient six enfants et nous quatre,
mais aucune des trois filles n'avait mon âge.
Pomponette était plus jeune,
Annick avait trois ans de plus que moi
et Françoise sept ou huit ans...
----------------------------------------------------------
Elle s'est tuée à 19 ans sur son vélosolex
pendant un séjour à Tananarive.
Je garde simplement le souvenir de l'apparition
dans la chambre de mes parents, d'une photographie.
Un visage rayonnant, éclatant de vie,
que mon regard croisait tous les jours.
Ce n'est qu'un an plus tard que j'ai pris conscience
que ce sourire, cette jeunesse avaient disparus.
Pendant ces Heures d'Amitié
dont chaque réunion tournait autour d'un thème,
il y avait souvent la projection d'un petit film.
Qui avait bien pu décider du choix de celui-là,
Les rites funéraires à Madagascar ?
On y voyait l'exhumation des corps
et leur préparation définitive pour un dernier adieu.
---------------------------------------------------------------------
La réunion prit fin très vite,
Jacqueline, sa mère, ayant eu un malaise.
C'est le récit de ce moment
qui m'a fait comprendre ce qu'était La Mort.
La disparition définitive, ce qu'il advient du corps.
---------------------------------
Pomponette qui avait une dizaine d'années,
expliquait qu'elle avait l'interdiction
de sortir du parc du Corbusier.
Interdiction qu'elle bravait en permanence,
en traversant le boulevard Michelet,
pour aller chez une amie au Parc Sévigné.
Et j'ai ressenti la douleur de la perte d'un enfant
et la crainte qui entoure la vie des autres.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Je n'ai pas la photo de Françoise.
Cette enfant de 8 ans est sa soeur Annick.
Je tenais à ce que cette évocation se termine sur un sourire...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

------------------------------------------------

Quelque chose d'impérieux m'a poussée à écrire ce texte. Je regardais les photos de classe de notre école. Je reconnaissais Annick mais pas Françoise. Il y avait bien cette fillette au visage fermé et presque triste. Mais s'est superposé celui que je connaissais, un sourire plein de vie et déjà mort. Je crois que ce que j'ai ressenti, c'est le besoin de le sortir de l'oubli.

La vraie mort, c'est lorsque plus personne ne parle de vous...

nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

lundi 23 février 2009

63 | Annette | Une image restée au fond de mes yeux

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
CCertains souvenirs trop brefs
pour être comparés à des films,
sont plus proches du photogramme
qui est l'une des 24 images par seconde
qui caractérise le cinéma.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
......
Ce soir-là, on vient juste de me mettre en pyjama.
J'ai à peine le temps de courir vers la fenêtre,
d'entrevoir un long serpentement
illuminé de cierges avec leurs lanternes carrées,
d'entendre les voix et d'en sentir la ferveur,
que des bras déjà me soulèvent et me mettent au lit...
Je ne devais pas avoir plus de trois ans.
Si cette image est restée gravée dans ma mémoire
avec une précision photographique,
c'est qu'elle m'a longtemps intriguée.
En particulier à cause des lanternes.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
................
Il n'y avait pas matière à écrire un texte,
je n'avais rien pour l'illustrer,
et c'est plus pour satisfaire ma curiosité
que j'ai effectué une recherche
sur les processions à Bouzonville.
Le résultat m'a autant étonnée que ravie.
C'est la Lorraine toute entière
qui défile ainsi le 6 décembre.
Elle honore son Saint Patron, Saint Nicolas.
Mon Saint Nicolas !
Et ces lanternes qui m'intriguaient tant
ne servent pas à protéger la flamme des cierges,
elles permettent aux fidèles de lire les paroles
des cantiques imprimées sur leurs quatre faces.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhh
..............
N'arrivant pas à les déchiffrer sur ces images
j'ai tenté d'en trouver le texte.
Il en existe tant de variantes que j'ai choisi
celle qui aurait enchantée la petite fille que j'étais...
le cantique des écoliers.
...............
Saint Nicolas mon bon patron
Apportez moi des macarons
Des biscuits pour les petites filles
Des marrons pour les garçons
De beaux rubans pour les mamans
Du tabac pour les papas
Des lunettes pour les grands-pères
Des galettes pour les grands-mères
Un baiser pour mon petit coeur

..............
J'avais 4 ans et demie lors de la dernière procession
avant notre départ.
Quelques années de plus, et j'aurai pu être cette fillette.
C'est à pleine voix que j'aurai chanté
pour demander toute ces douceurs.

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

J'en ai le regret... et je l'envie...
Parce que je vois passer à nouveau devant mes yeux
toute la famille qui m'entourait en 1952.
Mon papa, ma maman, mon grand-frère,
mon pépère et ma mémère.
Et cela fait chaud à mon petit coeur...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj hhhhhhhhhh hhhhhhhhhh hhhhhhhhhhhhhh
J'enfreins ici une règle qui implique que le photographe à qui l'on emprunte des clichés soit cité. Quand je les ai copiées, je n'avais pas l'intention d'en faire un usage public. Je les avais recadrées, teintées en noir et blanc. Elles étaient destinées à rejoindre ce que j'appelle ma mémoire reconstituée. Qu'il trouve ici mes excuses. Si par le plus grand des hasards il identifie ici son travail, qu'il se fasse connaître. Au mieux je donnerai son nom, au pire je les supprimerai. Merci dans tous les cas pour avoir permis à une petite fille de trois ans de se retrouver en famille.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh hhhhhhhhhhhhhhhhhhh hhhhhhhhhhhhh hhhhhhhhhhhhhhhhhh

samedi 21 février 2009

61 | Nicole | Lucile.

U
U
Un Miroir s'est brisé!
"Dans ses débris éparpillés
un morceau de mon coeur est resté accroché.
Mes rêves sont perdus et mes pensées volages,
n'ayant plus à penser, ont quitté mon visage. "


Mireille était ma petite soeur de coeur !
Nous avons grandies ensemble.
De 1955 jusqu'en 1968,
nous avons tout d'abord partagés nos jeux
puis un peu plus tard tous nos rêves et secrets d'adolescentes.
_______________________________________
Elle habitait sur le même palier, sa porte d'entrée touchait la mienne
et c'est avec une joie ineffable
que nous passions allégrement d'une maison à l'autre.
____________________________________________________
Nous n'étions séparées que durant les heures de classe
Mireille n'allait pas à l'école Sainte Anne.
_____________________________________________________
Je venais d'entrer en sixième
lorsque je vis Lucile pour la première fois.
Elle arrivait d'une autre ville,
ne connaissait pas Marseille
et semblait tellement perdue dans cette école
que j'ai eu envie de l'adopter aussitôt.
Lucile devint ma seconde amie.
____________________________________________________
Elle habitait le quartier de Mazargues,
un immeuble en face des bureaux de mon père
et il m'était facile de passer des après- midi avec elle.
A l'epoque, ce quartier ressemblait encore à un gros village
nous pouvions jouer dans les grands prés, faire des cabanes dans les buissons
ou simplement nous allonger dans l'herbe
pour mieux nous raconter nos petits secrets.
_______________________________________
Que dire de ces années collège ,
de nos jeux chez l'une et l'autre,
de nos fous rires en classe cachées derrière les pupitres ,
de nos rêveries pendant les longues récréations après la cantine,
de nos sorties en camps avec les religieuses de Sainte Anne ?

Pourrais je encore vous décrire Lucile !
hélas, la seule photo d'elle que je possédais,
je l'ai égarée ...
___________________________________________
Que puis je encore vous dire d'elle !
sinon que je la trouvais très jolie.
Avec ses deux longues nattes blondes entourant son visage
et ses yeux qui, lorsqu'ils se posaient sur vous
laissaient entrevoir des océans de ciel bleu.
_________________________________________________________
"Un morceau de mon coeur reste seul désormais.
A ces pauvres débris,tristement accroché.
Un morceau de mon coeur qui riait de tes rires
et qui parfois pleurait, quand tes yeux semblaient dire..."
_______________________________________________________
Hier, au fond d'un tiroir,
dans un vieux cahier jauni
j'ai retrouvé quelques croquis que j'avais fais en cours de dessin
au temps de l'école Sainte Anne
et parmi eux ,
soudain
___________________
je vis apparaître Lucile !


Lucile que j'ai perdue.
La première fois , à la fin de nos études
lorsque nos vies de femmes nous ont séparées.
La seconde, lorsqu'un soir,
lassée d'une vie qui ne correspondait plus à ses rêves
ma Lucile aux yeux d'azur s'est endormie pour ne plus jamais vouloir se réveiller.
__________________________________________________________
"Un morceau de mon coeur et un miroir brisé!
C'est tout ce que de toi
il me reste à aimer ..."
___________________________________________
Nicole
_________________________________________________________
La vie range souvent les souvenirs dans des petits tiroirs ,
on ne sait pas vraiment pourquoi !
Puis un jour, un évènement, une parole, une image
fait en sorte que le tiroir s'ouvre à nouveau.
Je n'avais jamais oublié Lucile...
Je l'avais seulement rangée !
Jusqu'à ce jour, ou, il y a maintenant, une quinzaine d'années
j'ai reconnue sa maman parmi mes patientes à l'hôpital.
C'est à ce moment là que j'ai appris la terrible nouvelle!
elle était si contente de me voir !
c'était un peu comme si Sa Lucile revenait ...
Jour après jour
toutes les deux nous l'avons faite revivre.
Elle a été de nouveau parmi nous ,
telle que je l'avais connue,
petite fille rieuse et insouciante, pleine d'espoirs, d'amours et de projets ...
_______________________________________
Depuis ce jour là,
plus jamais
je n'ai voulu refermer ce tiroir...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjjjjSi un jour jjjjjjjjjjjjjjjjj

jeudi 12 février 2009

60 | Annette | Le concert des carillons

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj Gaston, dont le visage respire la bonté,
était à Bouzonville le meilleur ami de mon père.
Pas l'un de ces amis d'enfance qui a tout partagé,
avec qui votre vie s'est tellement entremêlée,
qu'on ne sait plus très bien où commence l'une
et où finit l'autre.
Un ami, comme l'on rencontre parfois un jour,
et qui provoque le sentiment étrange
de l'avoir toujours connu...
Cela même une petite fille de quatre ans
est capable de le percevoir.
YYYYYYYYYYYHHjjjjjjhhhhhhh
jjjjjjjjjuuuuuuuukkkkkkkkkkkkk
C'est grâce à cette pendule qu'ils ont fait connaissance
en 1946
Mon père venait d'arriver dans cette petite ville.
C'était la première fois qu'il vivait seul,
et il s'installait.
Chez l'horloger bijoutier l'accueil fut un peu distant,
comme il peut l'être avec quelqu'un qui n'est pas d'ici...
On discute, mon père se présente,
et j'imagine la stupéfaction !
jjjjjjjjjjjjjjjj
kkkkkk
Le nouvel ingénieur des Ponts et Chaussées ! ?
Ce tout jeune homme qui semble n'avoir pas vingt ans,
c'est lui qui va être responsable de la reconstruction
des routes et des ponts détruits par la guerre ! ?
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Il fut si ardu à la tache
qu'il suscita très vite l'admiration et l'affection générale.
hhhhhhh
Et cette affection
nous en avons tous ressenti la douceur...
Chez Gaston en particulier, nous étions comme chez nous.
Ses parents nous choyaient,
et lui m'a permis de vivre des moments
dont je garde à jamais en moi l'enchantement.
llllllllllllllllllllllllllllllllllllllll
J'aimais rester avec lui
dans cet espace merveilleux qu'était la bijouterie.
Les murs étaient recouverts de pendules
et de carillons comme celui-ci,
qui a sonné tous les quart d'heures
de la vie de ma grand-mère.
hhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhh
Tous indiquaient l'heure
mais avec une ou deux minutes de décalage.
Et cela donnait, à intervalles réguliers,
un joyeux concert de mélodies différentes.
iiiiiiiiii
Ma préférée était celle du carillon de Westminster
1 2 3 4 hhhh1 2 3 4 hhhh1 2 3 4 hhhh1 2 3 4
dingj dingk ding jdingj ding lding
.......................jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
DdBien longtemps après,
il m'arriverait de jouer ces quelques notes sur mon piano
pour le plaisir de me sentir sourire...jjjjjjjjjjjjjj
J'aimais surtout le regarder travailler.
Il m'installait en face de lui sur un haut tabouret
et je ne quittais pas ses mains des yeux.
.....................
Ses gestes dessinaient dans l'espace
une sorte de ballet rapide.
Il démontait le mécanisme d'une montre,
nettoyait et remettait à leur place
toutes ces pièces minuscules,
refermait le boîtier, tournait le remontoir,
vérifiait à l'oreille la présence du tic-tac,
et passait à une autre.
jjjjjjjjjj
nnnnnnn
J'avais la permission de toucher les montres
qui attendaient leur tour.
J'admirais les bracelets de cuir,
les boîtiers tous différents.
Ceux très anciens qui pendaient au bout d'une chaîne.
Je faisais semblant de lire le nom écrit
sur les petites étiquettes attachées avec un fil rouge.
.......................
Comme j'étais très bavarde et très observatrice,
je meublais le silence de commentaires
qui le faisaient beaucoup rire.
hhhhhhhhhhhhhhhh
Ce qui me laissait sans voix,
parce que cela me plongeait dans une profonde rêverie,
c'était de le regarder graver les alliances.
Il traçait en fins caractères
les prénoms et la date,
et il me promettait chaque fois
le jour où tu te marieras
je graverai la tienne.
......................................
C'était cette idée qui me réduisait au silence.
Ainsi moi aussi j'allais me marier !
Et avec qui ?
Je passais en revue tous les garçons de mon entourage.
Je ne voyais que Jean Marc.
Je me demandais s'il fallait que je le prévienne ?
Je n'allais jamais bien loin dans ces questions essentielles,
car Gaston inquiet de ne plus m'entendre m'interpellait.
Et je redescendais vite les deux pieds sur terre
dans les chaussures de mes quatre ans...
yyyyyyyyyyyyyyyy
Quand je me suis mariée plus de quatre décennies plus tard,
j'avais déjà une fille digne de sa mère,
hhhhhhhhhhhhh
je vivais avec son père depuis vingt ans
et nous n'avons même pas songé aux alliances.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
De toute façon j'aurai refusé.
Gaston n'était plus là
et je n'aurai jamais pu accepter l'idée
de lui faire trahir sa promesse...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
yyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy

lundi 9 février 2009

59 | Nicole | Sur l'air de la vie en rose...



f>ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
f>pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Quelques photos anciennes ,
quelques lettres d'amour ,
quelques cartes postales éparpillées,
dans une boite en carton jaunie,
voilà ce qu'il me reste de ma grand mère maternelle !
et puis cet air qu'elle fredonnait doucement
même durant sa maladie.
_______________________________________________________
"Quand il me prend dans ses bras, qu'il me parle tout bas
je vois la vie en rose..."

f>ppppppppppppppppppppppppppppp
Je l'ai très peu connue mais son visage m'est tellement familier !
sans doute parce que dans ses traits
je retrouve ceux de ma mère
et aussi un peu des miens.
f>ppppppppppppppppppppppppppppp
Je ne connais rien d'elle,
j'étais surement trop jeune lorsqu'elle est partie.
j'avais 7 ans !
f>pppppppppppppppppppppppppppp
Dans les yeux rougis de ma mère
j'ai compris que je ne la reverrai plus jamais.

ff>pppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Mon grand père était bel homme.
Je ne l'avais jamais remarqué !
J'étais sans doute aussi
trop jeune
pour comprendre ma mère
lorsqu'elle me le disait.
_________________________________
_______________________________________
_____________________________________
Son enfance fut très rude
dans ce village de montagne du nord de l'Italie,
Orphelin de père
à 10 ans déja , il gardait les moutons
afin de subvenir aux besoins de sa mère,
de ses frères et de ses soeurs.
Il n'avait pas beaucoup fréquenté l'école
mais il avait appris l'intelligence du coeur
celle que l'on ne trouve pas dans les livres .
ff>ppppppppppppppppppppppppppppppppp
"Il me dit des mots d'amour, des mots de tous les jours
et ça me fait quelque chose "...
_____________________________
De tous mes grands parents,
c'est celui qui a cheminé le plus longtemps
à mes cotés .
Quand il est parti
j'avais déjà 30 ans !
_________________________________________________
Pierre et Marie
toujours vous resterez
Mon Pépé et ma Mémé
ff>pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Et même si la petite fille d'alors
n'avait pas bien tout compris
Aujourdhui je vous dis
Merci !
Car vous m'avez fait
le plus beau des cadeaux
__________________________________________
Ma Maman !
ff>PPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPMPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP
" Il est entré dans mon coeur une part de bonheur
dont je connais la cause."
je vois la vie en rose ...
______________________________________________
Nicole.

lundi 2 février 2009

58 | Nicole | Je vous présente mon petit frère...

pppppppppppppp

En cette fin d'année 1949,
le départ, puis l'installation de mes parents à Sète pour des raisons professionnelles fut un déchirement pour toute la famille.

ppppppppppppppppppppppppppppp
L'éloignement d'avec mes grands parents,
ma tante " Manou", ma Tatie" Toinette "
et de tous ceux qui durant mes premières années m'avaient entourés de leur amour
fût difficile.

ppppppppppppppppppppppppppp
Et même si de cette période mes souvenirs sont un peu flous,
la séparation garde encore un goût d'amertume.
J'étais alors une toute petite fille de trois ans
qui ne réalisait pas vraiment
qu'une nouvelle vie, allait commencer:
Ailleurs...

Je pensais certainement partir avec mes parents
pour des grandes vacances...
peut être un peu plus longues que toutes les autres.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
pje ne pouvais pas non plus me douter, au moment du départ de Marseille,
que ces vacances dureraient alors quatre années
et que dans nos bagages du retour
je ramènerais mon petit frère.



je n'ai aucun souvenir de ma mère enceinte,
je savais seulement qu'un petit bébé allait bientôt arriver;
et pour des raisons encore plus obscures
que ce serait peut être Bernard ou bien Alain...
Certainement pour la forme,
et aussi sans doute pour me faire plaisir,
mes parents m'avaient demandé vers lequel de ces deux prénoms
irait ma préférence !

j'avais choisi Alain sans aucune hésitation.
Mais surtout je désirais,
sachant déjà qu'il existait plusieurs couleurs,
pour une raison ignorée des grandes personnes
et encore moins de moi même
que mon petit frère
soit noir.



Bernard est arrivé au mois de novembre 1950.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Évidemment
J'ai du sentir la trahison !
Ce n'était pas vraiment le petit frère que j'avais commandé ...
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Mais comme il était né à " la clinique de la corniche "
mon père s'amusait à dire que c'était
un petit "cornichon"
ce qui ne manquait pas de me faire rire aux éclats !
Cela a certainement contribué à réduire ma peine,
acceptant sans doute l'idée
qu'il soit le produit d'un lot vraiment exceptionnel.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
A la grande déconvenue de n'avoir pas eu le petit frère de la couleur que je désirais ,
s'ajouta sûrement celle du prénom .
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Le mois suivant pour Noël
je reçus donc pour me consoler
mon poupon Alain
que j'ai gardé en bonne santé jusqu'à mes quinze ans,
date à laquelle
je l'ai retrouvé tout démantelé sur l'établi de menuisier de mon frère.



Finalement,
voyant mes parents satisfaits de l'envoi de ce bébé
je m'en suis rapidement accommodée
moi aussi !



Nicole

samedi 31 janvier 2009

57 | Annette | Ma première question existentielle

_____________________________
A l'école de Bouzonville,
nous avions deux sortes d'amis.
Ceux dont les parents étaient proches des nôtres,
et avec qui nous allions jouer
tantôt chez eux, tantôt chez nous.
Et les autres...
___________________
Parmi les premiers figurait le fils Poirier,
dont j'ai oublié le prénom.
Il m'embêtait continuellement.
Et il ne se passait pas un jour de classe
sans que je me demande pourquoi,
alors que nos familles étaient amies,
il m'empêchait toujours d'avoir le cyclorameur.
Cela me tracassait énormément.
Et je trouvais très injuste que Saint Nicolas,
lui ait apporté une panoplie de shérif.
Il avait accroché l'insigne doré sur son manteau,
et du haut de mes quatre ans,
je lui contestais fermement, mais sans succès,
le droit de faire la police en cours de récréation.
Je crois que je lui aurais volontiers abandonné
ma poupée contre son pistolet à amorces
et son chapeau
___________
____________
Mes deux premières années de classe,
une soeur venait nous chercher et nous raccompagnait.
Ensuite nous allions à l'école tout seuls.
Mon frère Jean Paul me tenait la main
et nous avions un itinéraire à suivre scrupuleusement.
______________
Si nous n'avons jamais fait l'école buissonnière,
il nous arrivait de changer de trottoir
pour coller notre nez à la vitrine de Kieffer-Nadé.
C'était le magasin de jouets et de farces et attrapes.
Pas question d'y entrer
mais au plaisir de détailler tous ces trésors
s'ajoutait le frisson de la désobéissance.
Le secret était bien gardé, nous avions juré
croix de bois, croix de fer !
Jusqu'à ce jour, proche de mardi gras
où nous sommes arrivés à la maison très excités.
Maman, maman,
ils ont reçu les masques chez Kieffer-Nadé !!!
Cette année là, pas de masques pour nous...
________

On s'en fichait bien pas mal.
Nous avions une balançoire à moteur.
Dans le bac à sable abandonné à notre petit frère,
un morceau de bois nous servait de levier.
Nous le tenions à tour de rôle
et on accélérait la vitesse en poussant des cris de frayeur.
C'était aussi grisant qu'un tour de manège !
____________________________
Nous avons quitté Bouzonville
le morceau de bois bien caché dans nos affaires.
Il s'est volatilisé, mais il était déjà oublié !
Nous étions tellement émerveillés par notre nouvelle vie.
La mer, le soleil, le Corbusier et toutes ses cachettes,
la nouvelle école...
_____________________
Quatre ans plus tard,
quand nos grands-parents ont déménagés
nous avions à nouveau une balançoire.
Avons-nous même essayé d'installer un moteur ?

Une partie de la magie de l'enfance s'était déjà enfuie.
On dirait que ça serait...
Mais ça n'était plus...



mercredi 28 janvier 2009

56 | Annette | Premiers souvenirs...

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Mon père était un passionné de tennis.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh










Quand il est arrivé à Bouzonville en 1946
jeune ingénieur des Ponts et Chaussées,
la semaine il reconstruisait les routes et les ponts,
le dimanche, il aménageait le terrain de sport.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Et il put ainsi, rapidement,
se livrer à son sport favori.
Sans être un champion il avait quand même
été le vainqueur d'un tournoi local
même si c'était à la surprise générale !












nnnnnnnnnnnnnn
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Je n'avais pas encore 2 ans
ce jour où il m'a emmenée avec lui,
et j'étais d'humeur très joyeuse.
jjjjj
J'ai dû le gêner dans ses travaux
car assez vite il m'a raccompagnée à la maison.
Je ne voulais pas rentrer !
Pour me convaincre
il m'a promis qu'après avoir goûté
nous reviendrions ensemble.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Une part de tarte m'a occupée un moment,
le temps pour lui de s'éclipser discrètement...
Quand j'ai compris qu'il était reparti sans moi,
j'ai piqué une colère dont j'entends encore
les hurlements stridents.

Je revois en détail la porte qui s'ouvre, la part de tarte,
le moment où j'ai réalisé son absence.
J'en fus inconsolable jusqu'à son retour...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Ce sont des images un peu saccadées
comme dans les films de famille en super-8.
Les unes se mêlent aux autres.

J'étais à peine plus âgée.
Ma mère fait tomber à terre
les petits pois qu'elle vient d'écosser.
Émerveillée je me mets à courir partout
et je ris aux éclats.
Les petits ballons, les petits ballons !
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Un autre jour,
je m'amuse à faire la toupie.
Quand je m'arrête,
affolée, je crie bien fort
pour prévenir tout le monde.
Attention, la maison qui tourne !
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Les cinémas permanents ont depuis longtemps
fermé leurs portes.
Mais pas ceux de notre mémoire...
Il suffit de s'asseoir, de fermer les yeux,
et de chantonner comme au patronage
E-tein-dez les lu-miè-res
co-mmen-cez le ci-né-ma !
jjjjjjjjjjjjjjjjjj

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

mercredi 7 janvier 2009

54 | Nicole | La couronne des Rois.

ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
"Le Berger comme Autrefois
montre le chemin aux trois Rois.
Et ses Rois ont pour suivants
des chameaux chargés de présents..."

ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Le jour de l' Épiphanie, le 6 janvier
ce ne sont pas les chameaux que nous attendions mon frère et moi
mais le gâteau des rois que ma mère à la fin du repas de famille
allait poser sur la table.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Sitôt
défaite la jolie ficelle dorée,
déplié le papier,
l'odeur sucrée de la couronne briochée farcie de fruits confits
venait nous chatouiller les narines
pour nous remettre tous en appétit.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Le plus amusant
pour mon frère et moi
ce serait de faire un tour sous la table
afin de désigner les futurs propriétaires des parts de gâteaux,
que ma mère aurait minutieusement découpées,
laissant de coté la part du Pauvre
qui, par un heureux hasard,
passant par là
viendrait toquer à notre porte
pour réclamer son dû.

"une part pour maman... une part pour papa...
une pour pépé... une pour grand papa..."
pppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Toute la famille y passait!
Nous ne manquions pas de nous octroyer aussi
une bonne part de gâteau
tout en espérant que le mauvais sort
sous les traits d'une fève
ne vienne impitoyablement nous désigner
comme l'acheteur de la prochaine brioche.
Celui qui trouvait le sujet
était soudain sacré Roi ou Reine
pour le restant de la journée.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
j'aimais bien être la Reine !
mais si par hasard le sort ne me désignait pas ...
cela m'était égal !
car j'étais déjà,
bien avant le partage de la couronne des Rois:
La Reine des Reines



























Le soir venu,
après le départ de nos invités,
les couronnes atterrissaient sur nos têtes
et maman, nous partageait
" la part du Pauvre "
que nous dégustions, mon petit frère et moi
sans aucun remord.


Nicole.



samedi 20 décembre 2008

53 | Nicole | Les petits santons...

Ce père Noël me parait bien jeune !
je pense entrevoir mon père
caché
sous ce déguisement.

Je n'ai jamais vraiment cru au Père Noël !
je faisais semblant...
d'abord pour mon petit frère,
et puis, on ne sait jamais au cas ou je me sois trompée,
pour ne pas le froisser.

L' attente merveilleuse commençait début Décembre.

Comme le veut la tradition en Provence,
le jour de la Sainte Barbe,
nous semions le blé ou les lentilles
dans des petites coupelles sur du coton humide.

Ensuite,
chaque jour, il ne fallait pas oublier d' arroser
si on voulait que le soir de Noël
les blés soient bien verts.
C'était un signe de prospérité pour l'année suivante.

Durant cette période de l'Avent,
en compagnie de mes grands parents
j'allais admirer les belles crèches des églises.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Avec Maman,
j'allais à la foire aux santons.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Nous prenions alors le tram
pour descendre sur la Canebière
toute illuminée en cette période de l'année,
remontions à pieds vers les allées Leon Gambetta
ou alignés sur les trottoirs
se trouvaient les stands des santonniers.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Chaque année
J'étais émerveillée par ces petites figurines d'argile,
représentant tous les corps de métiers.
le rémouleur, le meunier, la poissonnière...
tout les habitants d' un village provençal était réuni là,
sur ces étalages de carton pâte...
Et j'étais très fière d'avoir, moi aussi,
un santonnier dans la famille !
ppppppppppppppppppppppPuisppppppppppppppppppppppppp
Quelques jours avant Noël,
comme toutes les années,
j'aiderai mon papa à faire la crèche.
Délicatement,
je déposerais les petits santons d'argile
sur le papier rocher
que j'aurais froissé pour en faire des collines.
Au milieu de ce paysage imaginaire,
que nous inventerions à chaque fois
je mettrais le papier argent de la tablette de chocolat
pour faire l'eau de la rivière.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Puis j'accrocherais
la scintillante étoile du Berger
au dessus de l'étable
ou,
entre le boeuf et l'âne
Joseph et Marie
attendraient patiemment
la venue de l'enfant Jésus.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Ensuite la magie de Noël ferait le reste.
les petits santons de la crèche prendraient aussitôt vie
pendant que nous chanterions tous ensemble


"Dans une boite en carton, sommeillent les petits santons.
Le berger... le rémouleur... et l'enfant Jésus rédempteur.
Le Ravi qui le suit est toujours ravi !
les moutons en coton sont placés au fond ....

Un soir alors, parait l'étoile d'or !
et tous les petits santons quittent la boite en carton.
Naïvement
Dévotement
Ils vont par deux
porter leurs voeux
Et leur chant est touchant...

Dans l'étable de bois blanc
Il est là le divin Enfant
entre le boeuf au poil roux
Et le petit âne à l'oeil doux...
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Noël, joyeux Noël
Noël joyeux de la Provence "


Un deux trois
dans sa hotte en bois
Quatre cinq six
toute pleine de surprises
Sept huit neuf
de jouets tout neufs
Dix onze douze
de la joie pour tous

"De bon matin j'ai rencontré le train
De trois grands Rois qui allaient en voyage
De bon matin j'ai rencontré le train
de trois grands rois dessus le grand chemin..."
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Une légende Russe raconte
qu'il existe un quatrième Roi Mage, qui conduit sur la steppe un traîneau tiré par des rennes et rempli de cadeaux pour les enfants.
Depuis 2000 ans il a renoncé à trouver l'enfant Jésus ...
Alors il comble de cadeaux les enfants qu'il rencontre en cours de route.

Et si c'était lui le Père Noël....


Nicole.




vendredi 19 décembre 2008

52 | Annette | Noël...

hhhhhhhhhhhhh
yyyyyyyyyyyyy
hhhhhhhhhhhhhhhhhhh

hhhhhhhhhhh
De mes Noëls à l'école de Bouzonville,
je n'ai qu'un souvenir.
ttttttttttttttt

Mon frère Jean Paul,
choisi pour être le Saint Joseph de la crèche,
n'avait cessé de pleurer
parce qu'il avait trop chaud sous la couverture
qui lui tenait lieu de cape.

Je crois que j'étais l'un des anges
et que comme les autres petits du jardin d'enfants,
je ne voyais là qu'un jeu, un peu différent
à cause de la présence de nos parents.
Loin de saisir la solennité du moment
nous courrions dans tous les sens !
hhhhhhhhhh

Ce n'est que plus tard que j'ai été ravie
par la magie de Noël...

hhhhhhhhhhhhh
Il me semblait pouvoir suivre des yeux
cette lente étoile filante,
qui guidait les Rois Mages vers Bethléem.
hhhhhhhhhhhhh

Quand nous installions la crèche,
tous les jours nous les rapprochions un peu
de l'étable, où le 24 au soir
nous donnerions le Petit Jésus à ses parents.
Entre le boeuf et l'âne gris
dort, dort le tout petit.
hhhhhhhhhhhhh
Ces chants de Noël,
tous ces cantiques oubliés,
je les entends encore...
HHHHHHHHHHHHHH

Et j'ai gardé à jamais
un amour du ciel, de la lune, des étoiles.
Cet univers mystérieux
dans lequel mes yeux peuvent se perdre à l'infini.
Les étoiles scintillantes dans la nuit.
La lune qui me regarde.
jjjjjjjjjjjjjjjjj
Et le ciel, qui évoque toujours pour moi
celui dont on nous parlait au catéchisme...
Les nuages que le vent emporte.
La pluie, le tonnerre et les éclairs.
Ses couleurs changeantes.
Cette immensité où passe parfois,
souriante et insaisissable
l'ombre d'un être cher...

hhhhhhhhhhhhhhh

bbbbbbbbbbb

lundi 15 décembre 2008

51 | Nicole | Mes Grands parents



Je reste songeuse devant cette photo
ou ils me semblent sortis tous deux d'un film de Pagnol,
et les images remontent petit à petit du fond de ma mémoire.
Souvenirs
empreints de douceur de tendresse et d'amour.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
"Grand Papa et Grand Maman"
je désignais ainsi mes grands parents paternels.
Le choix de ces prénoms avaient sans doute été décidé au moment de ma naissance
pour les différencier de Pépé et Mémé
qui eux appartenaient à l'autre coté,
celui de maman.

Peu importe ! Je les aimais.

Grand papa
était musicien.
J'ai appris que dans sa jeunesse ,
il avait été le chef d'orchestre de soirées de bal.
Lorsqu'il s'asseyait au piano
c'est avec envie et admiration que je regardais ces doigts glisser sur le clavier
me demandant comment cela était possible
qu'il en sorte des sons aussi beau.

ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Grand maman,
C'était la douceur même.
Jamais un mot plus haut que l'autre,
sa voix était comme un tendre chuchotement.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
"La voix du coeur"
le premier morceau de musique
qu'elle m'a appris à jouer au piano
et qui résume presque à lui seul
le message qu'elle désirait me laisser en héritage.
Ma grand mère
c'était la voix du coeur
Je lui racontais tous mes petits secrets d'enfant,
elle ne m'a jamais trahie !
Elle m'a appris avant toute chose
la tolérance , le respect et l'amour des Autres.
ppppppppppppppppppEEpppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Dans mon esprit de petite fille
je pensais qu'ils seraient toujours auprès de moi.
Ce n'est que bien plus tard
que je comprendrais la fragilité de l'existence.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Mes plus jeunes années
furent bercées par une atmosphère
de musique ,
de tendresse et de délices,
et par toutes ces histoires que me racontait ma grand mère
qui ont permis de nourrir mon imaginaire
les savourant avec appétit
avec ses gâteaux de riz.



Chez eux,

j'étais chez moi !

A la nuit tombée,

j'aimais qu'après ma prière du soir

ma grand mère me chante avec tendresse et douceur

une berceuse pour m'endormir.

Luttant alors contre le sommeil,

j'essayerai en vain de garder les yeux ouverts

pour faire durer le plaisir...

Et au petit matin,

lorsque je sortirai de dessous mon édredon douillet

mon grand père serait déjà revenu

les bras chargés

de pains tout frais et de croissants tout chauds.

ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp


Nicole

dimanche 14 décembre 2008

50 | Annette | Bouzonville... Ma première école

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
J'avais 2 ans lorsque j'ai fait mes premiers pas
au Pensionnat des Soeurs de la Providence,
où mon frère Jean Paul
était entré au Jardin d'enfant en début d'année.



Une après-midi maman eut besoin de s'absenter,
et la soeur qui assurait à pied le ramassage scolaire
proposa de m'emmener avec elle.

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
A cette époque j'étais un vrai clown !
J'eus un bon public et tout le monde
supplia maman de me laisser revenir.
Et c'est ainsi que je me mis avec passion
à enfiler des perles de bois sur du fil ciré.
Ma seconde passion...
le cyclorameur !
Dans notre grande salle de jeux
il y avait des dizaines de jouets mais lui était unique,
et j'arrivais rarement à y accéder la première.
Ce fut l'un de mes premiers chagrins d'enfant...
h

La traditionnelle photo de classe
à la fin de l'année 1952.
Je viens d'avoir trois ans.
Jean Paul est au deuxième rang, le 3ème à droite.
A coté de lui il me semble reconnaitre
notre ami Jean Marc Noël.
Je suis tout au fond, juste devant une de nos maitresses.


Quels sourires radieux !
Ce devait être jour de distribution
d'huile de foie de morue !

hhhhhhhhhhhhhhh
à suivre
yyyyyyyyyy
gggggggggggg

samedi 13 décembre 2008

49 | Nicole | Il était une fois...


Pour me faire rire
mon père possédait tout un répertoire
de chansons...

" elle est née par un grand jour de pluie
pendant que sa mère épluchait des oignons
c'est pour ça que plus tard dans la vie
dans toutes les grandes occasions,
elle pleurait comme une madeleine
elle pleurait, pleurait, pleurait...
elle pleurait comme une fontaine
toutes les larmes de son corps y passaient
oh la la la quel cafard ! "
et moi je riais, riais, riais...
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Non !
je ne suis pas née par un grand jour de pluie
mais par une belle journée d'été
de 1946

un an après la fin de la guerre.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Mes parents s'étaient connus très jeunes
ils avaient dix sept ans.
Aux années d'insouciances succédèrent celles de désolation
la guerre !
durant laquelle mon père prisonnier en Allemagne
fut séparé de ma mère.







Libéré,
ils se marièrent
le 15 septembre 1945.



je suis née 10 mois après.

A Marseille.

A la maternité de Montolivet pendant que mon père,

croyant que j'attendrais patiemment son retour était parti acheter des fleurs pour ma mère.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp

Ma tante
qui était présente lors de mon arrivée dans ce monde,
raconte,
que dès que j'ai vu le jour,
je me suis agrippée de toutes mes petites forces
à la main du médecin.

"Regardez, comme cette petite tient à la vie !" aurait- il dit.

A force de me l'avoir raconté
j'ai finis moi aussi , par croire que je l'avais entendu le dire ...
Pourquoi pas !

Mon père

racontait bien lorsqu'il était petit, à tous ceux qui voulait bien l'entendre,

qu'il s'était vu naître...

dans la glace de l'armoire de la chambre de mes grands parents.



à suivre.

Nicole.
jjjjjj

jeudi 11 décembre 2008

48 | Annette | Au commencement était le début...

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Je suis née dans cette période de l'après-guerre,
où malgré les difficultés nombreuses

qui restaient à résoudre,
il flottait dans l'air une allégresse liée à la liberté retrouvée.
Ce bonheur de vivre était encore plus vivace
dans les régions annexées par l'occupant
qui retrouvaient leur langue et leur culture.
jjjjjjjjjjjjjjj
Mes parents se sont mariés en 1947.
Ma mère était Lorraine
et mon père, bien qu'originaire de l'Aveyron,
fut littéralement adopté par cette petite ville,
ainsi qu'en témoigne l'article publié

lors de notre départ en 1954.

kkkkkkkkkkkkkkkkkkkk
Et nous avons grandi dans ce climat d'amitié
qui s'était créé autour de lui,
en constituant pour nous une grande famille.
hhhhhhhhhhhhhh
A cause des dégâts dus aux bombardements
il était devenu très difficile de se loger.
Et pour pouvoir enfin se marier,
mon père avait réussi à obtenir l'autorisation
de s'installer dans les trois pièces inoccupées
de son bureau.
jjjjjjjjjjjjjjjjj
Et c'est là que je vis le jour en pleine nuit...
hhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhh
C'est Madame Mathis, la sage femme de Bouzonville,
qui me mît au monde, à la maison,
sur la table de la cuisine.
C'est ainsi qu'à l'époque, là-bas, naissaient les enfants... ;

JJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ
Le jour de mon baptême,
seule la famille proche était présente.
Maman prend la photo.
jjjjjjjjjjjjjjj

JJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ
Madame Mathis me tient dans ses bras.
Elle aimait tous ses enfants...
Quand nous l'avons revue
presque dix ans après notre départ,
elle pleurait de joie.
hhhhhhhhhhhhhhh


hhhhhhhhhhhhhh
Mon frère était là aussi avec sa belle coque,
comme en portaient les petits garçons d'alors !
hhhhhhhhhhhhhhh

kkkkkkkkkkkkkkk

Ma marraine et mon père,
qui lui aussi a une drôle de coiffure.


hhhhhhhhhhh
Et moi,
inconsciente de la solennité de ce moment,
je dors tranquillement à poings fermés,
rêvant peut-être à ce cocon douillet
que j'ai, malgré moi, quitté à jamais...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
hhhhhhhhhhhhhhhhhh

lundi 8 décembre 2008

47 | Annette | Le Père Noël...

GGGGGGG
Notre première année à Marseille,
nous avons découvert très vite des tas d'amis.
Le Corbusier était un terrain de jeux merveilleux,
et nous ne regrettions pas Bouzonville.
Mais Daniel et Jean Marc Noël
nous manquaient.
hhhhhhhhhhhhhhh
GGGGGGG
L'été 1956, nos parents ont loué
une école de village.
A la joie des retrouvailles, se mêlait
le bonheur de passer nos vacances
DANS UNE ÉCOLE !
Cet endroit qui appartenait aux maîtresses
où elles décidaient tout,
devenait NOTRE domaine.
Nos rires, nos cavalcades, nos parties de cache-cache,
les OUH pour nous faire peur,
les histoires que nous nous racontions le soir
en luttant contre le sommeil,
résonnent encore à mes oreilles.
Et sans doute nos ombres fugaces
s'y croisent-elles parfois sans se voir...
hhhhhhhhhhh
Il n'y eut pas d'autres vacances ensembles,
mais nous avions parfois la visite de Monsieur Noël.
hhhhhhhhhhhhhhhhh
Le Père Noël,
je ne l'ai jamais entendu appeller autrement,
était quelqu'un d'important à Bouzonville.
Il tenait un de ces magasins où autrefois
l'on trouvait de tout.
Vaisselle, quincaillerie, outils, jouets...
hhhhhhGGGGGGG
A 5 ans, mon frère Philippe était loin d'être bête.
Il faisait d'ailleurs la fierté de Madame Battistini
qu'il étonnait par ses réparties brillantes.
hhhhhh

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Il avait du réfléchir longtemps
pour bien préparer son coup.
Au cours d'un repas,
d'un air détaché,
dis Père Noël,
tu pourrais pas nous apporter un vélo ?
Éclats de rire ! Réprimande de nos parents !...
Et puis vint le moment du départ,
chargé de pensées et de baisers
pour tous ceux que nous avions laissé là-bas.
hhhhhhhhhhhhhhhh
Et quand quinze jours plus tard,
un grand colis est arrivé par la poste,
nous n'en croyions pas nos yeux.
Un magnifique vélo vert !
ggggggggggggggg
Et sur ce coursier fougueux
nous avons, à tour de rôle,
fait le tour de la terre
dans le parc du Corbusier.
Nous dévalions les pentes à toute allure.
Inventions des circuits très compliqués.
Faisions, ce qui était formellement interdit,
des records de vitesse sur le toit.
Et nous nous chalions les uns les autres
pour qu'il n'y ait pas de jaloux.
Le soir, le vélo reprenait à regret le chemin du 240,
où nous le rangions sur la loggia.
hhhhhhhhhhhhhh
>ggggggggggggggg
Et même là, nous ne pouvions résister,
en trois coups de pédale
à aller toucher le mur d'en face !
>hhhhhhhhhhhhhhhhhh
>hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Annette
hhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhh

samedi 6 décembre 2008

46 | Annette | Saint Nicolas...

HHHHHHHHHHHH
JJJJJJJJJJJJJJJJ
HHHHHHHH
Pour les petits lorrains que nous étions,
la Saint Nicolas
était le jour le plus important de l'année !
HHHHHH
Si nous avions école,
dès le matin, nous chantions
la légende de Saint Nicolas


J'étais persuadée que glaner devait être
une grosse bêtise.
D'ailleurs la suite le prouve...
Ils n'osaient pas rentrer chez eux et demandaient
au boucher de les loger pour la nuit.
Et celui-ci les coupait en petits morceaux,
en les mettant au saloir pendant 7 ans !
Je trouvais la punition vraiment sévère.
Heureusement Saint Nicolas passait par là...
ggggg
J'adorais la fin
Le premier dit j'ai bien dormi.
Et le second dit moi aussi.
Et le troisième répondit,
je me croyais au paradis
hhhhhhhhhhhhhhhhh
Quand nous rentrions à la maison,
nous allions vite chez nos voisins
qui nous régalaient de petits gâteaux encore chauds.
C'était une tradition de s'offrir entre amis ces bredele

des sapins et des étoiles qui fondaient dans la bouche

et d'autres en tortillons craquants et moelleux...
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
L'après-midi était interminable !
Nous étions déjà en pyjama, et nous attendions.
Excités et craintifs à la fois,
parce que Saint Nicolas ne venait jamais seul.
hhhhhhhhhhhhhh
Le PÈRE FOUETTARD nous faisait trembler.
Il était très laid, vêtu de noir des pieds à la tête,
avec sous le bras une poignée de verges
destinées à corriger les polissons.
Quand il posait la question fatidique
est-ce que ces petits enfants ont été sages ?
Nous comptions sur nos parents pour répondre
J OUI GCOMME HDES KIMAGES L!
En espérant que nos efforts des derniers jours
effaceraient toutes les bêtises de l'année...
jjjjjjjj

ILS L'ONT DIT !
Et les yeux émerveillés nous écoutons Saint Nicolas...
Jean Paul et Annette
pour vous récompenser de votre sagesse
voici vos cadeaux

Continuez à être de bons enfants
Écoutez vos parents
Travaillez bien à l'école
Et n'oubliez pas vos prières...
hhhhhhhhhhhhhhhhh
Le 26 juin 1954, j'ai eu 5 ans,
et quelques semaines plus tard
nous quittions Bouzonville pour toujours.
Parmi toutes les surprises qui nous attendaient
à Marseille,
la plus étonnante était celle-ci.
Le Petit Jésus nous apporterait nos cadeaux,
le 24 décembre à minuit !
hhhhhhhh
Mais pendant des années,
le 6 décembre


nos amis pensaient à nous,
et nous envoyaient de petits présents

et toutes sortes de friandises.
Les biscuits qui nous rappelaient nos années passées,

des Saint Nicolas en sucre rouge
d'autres en pain d'épices
et des coeurs reconvert d'un glaçage
qui fondait sur la langue.

hh
Je n'ai jamais cru au Père Noël.
Ni au Petit Jésus qui distribue les cadeaux...
Un bébé ? Qui venait à peine de naitre ?!
Cela m'a sans doute appris qu'on pouvait
mentir pour embellir la réalité.
J'ai souvent, ensuite, raconté des histoires
pour le plaisir...
hhhhhhh
Et Dieu, pour moi, n'a jamais été un mystère.
Il a toujours eu le visage familier
du Saint Nicolas de mon enfance.


hhhhhh
Daniel et Jean Marc Noël
Jojo Hoff et sa petite soeur
Où que vous soyez,
il saura vous retrouver,
et vous transmettre le sourire qui éclaire
ce moment merveilleux où les souvenirs reprennent vie...

JJJJJJJJJJJJJJ
Annette
jjjjjjjjjjjjjjjjj
à suivre

hhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

45 | Nicole | Le jour de ma fête.

Le 6 décembre,
jour de la saint Nicolas, c'était ma fête.
Pour mon grand père, qui était très taquin, c'était le 4 décembre
jour de la "Sainte Barbe"
"Bonne fête ma petite barbette ! " me disait il.
Alors
amusée, je faisais semblant d'être en colère.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
j'avais du mal à comprendre,
par quelle ironie du sort
ma sainte patronne était un homme !
Pas de "sainte Nicole" inscrite sur le calendrier de la poste.
à croire même
qu'aucune n'avait jamais été assez sage pour y figurer.
Qu'à cela ne tienne !
j'avais décidé
qu'un jour elle y serait.
MOI.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
De la vie de saint Nicolas que l'on m'avait offerte en bande dessinée,
je n'avais retenue bien sur
que la légende.
elle racontait qu'il avait sauvé trois enfants
prisonniers d'un vilain boucher
qui pour en faire son repas allait les découper en petits quartiers
comme l'ogre du petit Poucet.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
je savais aussi que le jour de ma fête
mon papa,
viendrait dans ma chambre dès le petit matin
pour me réciter ses vers :
pppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Bonne fête ! grosse bête
tu veux un bouquet ! gros navet
tu le refuses ! grosse buse
mais prends le donc ! gros dindon.
pppppppppppppppppppppppppppppppp
et ça se terminerait par des grands éclats de rire ...
pppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Nicole

mercredi 3 décembre 2008

44 | Annette | Ma petite soeur

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjj
hhhhhhhhhhhhhh
Quand nous sommes arrivés à Marseille
elle avait 2 ans.
C'était une petite fille gracieuse
toujours souriante
et elle illumine nos photos de famille !
hhhhhhhhhhhhhhhh
ggggggggggggggg
ggggggggggggggggggg gggggg
Elle était tellement menue
qu'elle entrait dans le camion de mes frères,
ici, dans notre chambre au Corbusier.
Son jeu préféré était de se cacher.
On la retrouvait dans un carton,
au fond d'un placard,
sous un lit...
Je ne sais qui l'avait surnommée
zounette
mais cela lui allait comme un gant.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

En 1955
elle fait son entrée au jardin d'enfant.
Sur cette photo, prise en fin d'année,
au 1er rang, la 3ème à gauche, elle a 3 ans.
Derrière elle, un peu sur la droite, mon frère Philippe.


J'étais en 9ème.
Qu'ai-je fait cette année là ?
Des bêtises !
L'une est un mensonge plus gros que moi
et j'hésite encore à le raconter.
L'autre n'est pas bien grave.
Je devais faire signer
mon cahier de composition.
Bavardages, inattention...
J'ai eu une idée géniale !
Mon père avait un tampon avec sa signature.
Ni vu, ni connu... Je rends mon cahier
l'esprit tranquille.
Une tranquillité qui a fait long feu !

hhhhhhhhhhhhhh

jjjjjjjjjjjjj

lundi 1 décembre 2008

43 | Colette | Nicole, je te prête mon livre...




Nicole, je te prête mon livre...
.
J'ai reçu ce livre, à huit ans, lors d'un Arbre de Noël du Service de la Fonction Publique où travaillait mon Père. Je précise publique et donc laïque...
C'est un livre écrit par un évêque.
Aurait-on " l'audace" à l'heure actuelle d'offrir pareil présent dans la Fonction publique, j'en doute.

Mais, loin de moi l'idée de polémiquer. C'est une simple réflexion de ma part.



Retrouvons nos yeux d'enfant.
Je suis intimidée, mon Père m'encourage à m'approcher en me poussant légèrement de sa main droite.
J'étrenne pour l'occasion une robe en velours bleu-nuit, cousue par ma Marraine.
Petite-fille modèle cet après-midi là, je ne grimpe pas aux arbres...





1 LA VOCATION DE JEANNE D'ARC

La vision éclatante de lumière de Jeanne: on pouvait donc voir en direct Saint-Michel? En cachette, j'allais dans l'église inspecter le dos de la statue, quel était le point d'ancrage des ailes.
Ah! les anges et les archanges ...


2 LE DEPART DE VAUCOULEURSJ'étais intriguée par l'auréole qui rayonnait au-dessus de sa tête, celle réservée aux saints. L'illustrateur la voyait donc?


3 JEANNE D'ARC A CHINONAh! c'est une coupe de cheveux à la Jeanne d'Arc, n'est-ce pas Nicole? Comment le roi savait-il?


4 LA DELIVRANCE D'ORLEANS Seule femme sur un champ de batailles, ma perplexité était grande.


5 LE SACRE DU ROI A REIMS Je retrouvais le faste des couronnements de mes livres d'histoire.


Quand beaucoup plus tard j'accompagnais des enfants à Reims, je visitais avec eux la

cathédrale des sacres, avec une petite pensée pour Jeanne.


6 JEANNE D'ARC BLESSEE DEVANT PARIS

Les archers à l'oeuvre alimentaient mon imagination.

Y avait-il aussi de l'huile bouillante versée sur les assaillants?

JJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ



7 JEANNE D'ARC PRISONNIERE DEVANT COMPIEGNE


JJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ

8 JEANNE D'ARC DANS SA PRISON Avait-elle, elle aussi, comme dans d'autres histoires, des rats dans son cachot?


9 LE PROCES DE ROUEN

Les couleurs des illustrations s'assombrissaient, je n'aimais pas trop cela.



10 LA MORT SUR LE BUCHERJe passais vite cette image


11 LA GLOIRE DE JEANNE D'ARC Ces visages familiers, dont les statues ornaient les chapelles de l'église de Saint-Anne




L'image qui clôture le livre: LE LYS DES ROIS DE FRANCE


Enfant ce qui est pour moi un ravissement, c'est, qu'au delà du texte, il y a la beauté des illustrations, des enluminures qui débutent chaque chapitre.
En effet, même maintenant, les petites vignettes brillent toujours, comme si de la poudre d'or avait été utilisée.


Le thème de l'enluminure illustre les propos tenus dans la page:

les moutons quand elle est encore à Domrémy



le blason de Paris, quand elle est aux murs de la ville...


J'allais à cette époque en vacances dans les Vosges et la visite à Domrémy s'imposait avec bonheur:
j'entrais dans sa maison, celle qui est reproduite dans le livre! Ah, c'est pour moi, un moment inoubliable!
J'ai su, plus tard, que la maison avait été reconstruite...


Mes pas dans ceux de Jeanne, voir le paysage familier qu'elle avait sous les yeux quand elle était enfant....
le temps et l'espace étaient alors abolis dans un grand moment de plénitude enfantine.


Colette
ppppppppppppppppppppppppp
PS de Nicole :
Merci Colette de me prêter ton magnifique livre de Jeanne D'Arc avec de si belles enluminures .
j'en prendrai bien soin !
je me souviens avoir été fascinée moi aussi par les pages de ces livres dont les illustrations me semblaient faites d'or, comme des trésors...
j'aimais caresser leurs lettres dorées pour essayer d'en récolter un peu au bout des doigts .
Merci d'avoir fait ressurgir de ma mémoire cette sensation délicieuse .

dimanche 30 novembre 2008

42 | Nicole | Jeanne D'arc et le calendrier

Dans mon livre d'histoire Jeanne D'arc était ma préférée.
hhhhhhhhhhhh
je savais aussi que le soir après la classe,il me faudrait apprendre ma leçon.par coeur.

Je redoutais cet exercice difficile. Mais je savais pertinemment qu'il serait impossible de m'y soustraire. C'était le passage obligé pour obtenir une bonne note le lendemain.

Sitôt rentrée à la maison, je commençais par le "goûter "
afin de retarder l'instant fatidique ou il faudrait que je m'installe devant mon bureau
le cahier ouvert à la bonne page.
Le résumé d'histoire
quatre ou cinq lignes à apprendre par coeur,
et voila que je me mettais à envier certaines de mes camarades de classe qui,
seulement après deux lectures savaient déjà leurs leçons.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Armée de courage, je commençais alors la répétition inlassable, à haute voix,
de chaque mot, puis de chaque phrase
cela pendant un temps qui me paraissait interminable...
jusqu'au moment ou je pourrais avec facilité débiter tout d'un seul trait
Après avoir caché avec la main la page du cahier.
pppppppppppppppppppppppppppppp
Mais c'etait loin d'être terminé !
Il me restait une dernière épreuve à passer
avant celle de mademoiselle Marie Paule le lendemain
ma mère!
qui pouvait à la moindre hésitation de ma part
me renvoyer à mon cahier.


Jeanne D'arc me fascinait !
_______________________________
ma grand mère pour me faire plaisirm'avait offert le livre dans la collection "rouge et or".
Plus tard, je reçus celui de Regine Pernoud.
_________________________
Son histoire ressemblait à un conte et en même temps à un roman d'aventures.
Ce qui m'intriguait le plus c'était les voix... celles qu'elle entendait à Donrémy pendant qu'elle gardait ses moutons.

________________________________________

je pensais que c'était pour cela qu'elle était devenue une sainte !


________________________________________________________
comme tous ceux qui sont inscrits sur le calendrier de la poste
accroché derrière la porte de la cuisine .

________________________________________________
Moi aussi,
j'avais décidé d' être une Sainte, pour être sur le calendrier.
Mais ceci est une autre histoire ...
______________________________________________________
________________

Nicole.

dimanche 23 novembre 2008

41 | Annette | Je suis presque née un livre à la main

hhhhhhhh

J'avais trois ou quatre ans
lorsque j'ai vu les livres pousser
à l'extrémité de mes doigts.
.
Ma grand-mère paternelle,
habitait au troisième étage d'une maison
donnant sur la place du Mandarous, à Millau.
Nous traversions la France, de nuit,
pour venir la voir chaque année.
.
Dans la chambre
où nous dormions avec nos parents,
incluse dans l'un des murs,
se trouvait une penderie
dont la porte s'ouvrait à 40 cm du sol.
Ce qui ménageait à l'intérieur
une sorte de caverne,
irrésistible pour une petite fille curieuse.
.
Et c'est ainsi que je fis la connaissance
de mon premier amour littéraire,
bien avant d'avoir appris à lire.
.

.
Ce livre est celui-là même qui provoqua cet enchantement...
et avant moi, celui de Pierrot, mon père,
de ses frères et de sa soeur Paulette.
Il date de l'époque où pour Noël,
chaque enfant recevait une orange,
et un livre à se partager.
.

.
L'histoire se déroule dans une ferme
où le monde est à l'envers.
Les paysans y occupent une place
secondaire et passive,
car l'essentiel du récit nous entraîne
dans les aventures et mésaventures des animaux.
.
Gédéon le canard, connaît des débuts difficiles.
Son cou, bien plus long que celui de ses frères,
lui vaut railleries et mise à l'écart.
Qu'à cela ne tienne !
Il renverse la situation en faisant preuve d'astuces
pour améliorer le quotidien de ses congénères.
Il ridicule leurs ennemis
en les rendant inoffensifs,
et il a toujours des idées surprenantes
pour trouver une solution au moindre problème.
Il devient un héros
sans cesse acclamé et consulté par tous.
.


Gédéon c'était moi bien sûr.
Nous nous ressemblions comme des frères.
Mon nom, Coulomb,
me valait déjà le surnom de long cou.
.
Mais j'ai découvert hier en le relisant
pour la centième fois,
à quel point il a marqué mon imaginaire.
Ces scènes de nuit, presqu'en ombres chinoises,
ce clair-obscur,
la lune entre les branches des arbres,
l'intérieur éclairé d'une maison,
je les ai toujours vécues comme dans un rêve...

.
Maintenant qu'il y a prescription,
menons l'enquête.
QUI a osé crayonner et écrire dans ce livre ?
.


.
Gédéon, ne me regarde pas comme ça !
Je n'ai pas dû être la seule !
Il me semble bien reconnaitre mon écriture,
mais tout le monde peut se tromper !
En tout cas ce dessin je le revendique.
J'avais fais presque le même
sur la tapisserie de la chambre.
.


.
Mémé poussa de hauts cris !
Mais ce ne fut rien à coté du jour
où j'ai décollé un morceau de tapisserie
et passé mon doigt à travers le mica du poêle,
pour voir ce qu'il y avait
derrière.
Plus tard, j'ai grandi
et j'ai appris, avec d'autres livres,
à passer de l'autre côté du miroir...

.
.
.
.
la réponse à l'un des commentaires
complète ce récit.
La suite
Mon livre de lecture
se trouve au numéro 74
.

.

vendredi 21 novembre 2008

40 | Colette | L'insigne est bien accroché...

Je suis un peu intimidée par la technique, mais l'insigne est bien accroché avec sa petite épingle.

Je fais mes premiers pas, seule, comme une grande, pour vous rejoindre...l'école privée et l'école laïque font désormais oeuvre commune.

Quel plaisir de m'associer à vous!
C'est pour moi à marquer d'une pierre blanche, l'équivalent de la magie du feu d'artifices de mon enfance.
kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk
En évoquant le reposoir de l'église durant le mois de mai, c'est le parfum sucré et quelque peu entêtant du mélange de fleurs qui arrive jusqu'à moi.
J'avais complétement oublié cette tradition du mois de Marie.
Tout revient en mémoire par la magie de quelques mots, l'image de ces brassées de fleurs blanches qui ornaient l'autel.

Poutouns.

Colette

mercredi 19 novembre 2008

39 | Colette | Soeur Lucie... Les Ames Vaillantes...

jjjjjjjjjjjjjj

J'étais à l'école publique de Ste Anne de 1955 à 1959
mais c'est Soeur Lucie de l'école privée qui nous faisait le catéchisme.



Ah!... C'est une des figures les plus importantes de mon enfance.
Je suis allée au sein de l'école, pour la retraite de ma "communion privée"
mais je passais tous les matins devant votre bâtiment...
On ne sait jamais, si je pouvais furtivement apercevoir Soeur Lucie,
et ne pas me cantonner au jeudi...
Combien je pouvais vous envier!
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjkkkkkkkkkkkkkkjjjjj
Le monde est petit...Quel bonheur de vous découvrir et de vous lire.
J'ai été très émue face à ces premiers témoignages
et bien sûr en voyant les photos.
Je ne connaissais pas l'ordre des religieuses et je pensais écrire à l'école,
depuis pas mal de temps déjà pour partir à la recherche de Soeur Lucie.
Au fil des années, j'ai régulièrement pensé à elle, qui a illuminé mon enfance....

J'ai toujours une image pieusement conservée, gagnée à la tombola qu'elle avait organisée.
Je me rappelle aussi une journée de signes de piste dans une propriété du Roucas Blanc, sous sa houlette...

hhhhhhhhhhhhhhh
J'habitais au boulevard Michelet à Boussiron,
en face du square Michelet, devant l'Huveaune, le bâtiment rosé qui va de Michelet à Mazargues.
Je" montais" à pied le chemin de Mazargues,
passais devant le portail des St Anges puis je tournais à droite,
pour prendre la petite rue tranquille qui passait devant l'école, la vôtre,
avant d'arriver à la mienne,
J'étais très intriguée par l'immense cèdre(?) au milieu de la route,
avant de rejoindre le chemin de Mazargues.

J'allais, dans le local, en face de l'école, au patronage le jeudi.
Il y avait la projection d'images fixes de Perlin et Pimpin...
Je faisais alors partie des "Âmes Vaillantes"...
Je n'ai plus mon béret mais j'ai toujours mon petit insigne...

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
l'insigne en métal pour le corsage.
je pense que nous le portions au niveau du coeur,
mais si c'est comme mon cèdre du Liban
qui est en fait un immense pin...
ah c'est fabuleux la mémoire et ses reconstructions...
HHHHHHHHHHHHHH
l'écusson que l'on cousait sur le béret bleu marine.
HHHHHHHHH
hhhhhhhhhhhhhhhh

Poutouns

Colette
hhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhh

mardi 18 novembre 2008

38 | Annette | Notre quartier au début du siècle

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
L'avenue de Mazargues
juste avant de tourner vers le boulevard Sainte Anne.
Un peu plus loin
c'est sur le trottoir de droite que se trouvait
la papeterie CROTTE.
Et sur celui de gauche,
la boulangerie SAINT JEAN.
Je crois qu'elle existe toujours,
mais est-ce ma compagne de classe
qui en est la boulangère ?
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh A gauche la rue Thieux
notre rue !
Avant d'arriver à l'école,
nous passions devant l'église.
bbbbbbbbbbbbbbbb
bbbbbbbbbbbbbbbbb
gggggggggggggggggggggggggggggg
La place Léopold Baverel.
Sur la gauche, le magasin
qui en 1955 était
la mercerie Sainte Anne
dont j'adorais la vitrine.
hhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhh

L'église.
Chaque année, en mai,
pendant le mois de Marie,
les portes restaient ouvertes,
et l'on voyait de la rue
l'autel recouvert de fleurs blanches.
Un magnifique reposoir.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
gggggggggggggggggggg
gggggggggggg
Le cèdre dont nous parle Colette.
Il s'agit plutôt d'un pin...
hhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
L'ascenceur de Notre Dame de la Garde
où nous allions toutes ensembles
le jour de notre première communion
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

lundi 17 novembre 2008

37 | Nicole | Livre mon Ami




J'ai découvert le pouvoir des livres,

en même temps que j'ai fait l'apprentissage de la lecture...







LIVRE

Que je savourais avec plaisir !



La comtesse de Ségur

(L'auberge de l'ange gardien, Pauvre Blaise, Un bon petit diable, le général Dourakine, la soeur de Gribouille, les petites filles modèles....) "

La Bibliothèque Rose, Verte puis la Rouge et Or, ont enchantées mon enfance.

Au fil des lectures, les héros prisonniers des pages reliées, prenaient soudain vie.
Maroussia, Puck écolière, Heidi, Gulla, Amitia fille du lac, mon petit Trott...tous devenaient mes amis.

Le plaisir de la lecture s'imposa à moi comme une évidence : j'avais quatre ans.


C'est en tournant les pages d' "Alice au pays des merveilles" que je compris que désormais je savais lire....et que cette passion ne me quitterait plus !
Au fil des ans, contes et légendes, bandes dessinées, poésies, romans, livres historiques, biographies, tragédies ont envahis ma bibliothèque et le livre est devenu mon fidèle ami.


Comme Any et Annette je lisais: FILLETTE, LISETTE, la semaine de SUZETTE ....

puis vint " Pauvre Aggie ", " l'espiègle Lili ", le club des cinq, Alice détective...


Avec les livres que lisais mon frère,

je découvrais:" Croc Blanc ", " Jerry dans l'île ","l e vieil homme et la mer ", " l'île au trésor " les " Jules Verne... "

sans oublier Tintin et Milou que nous lisions en famille.

Mon père, qui aimait bien nous taquiner se l'appropriait toujours en premier,prenant le prétexte qu'il fallait qu'il vérifie si la lecture était bonne.

On l'entendait s'amuser des frasques des Dupont ou du capitaine Haddock et nous avions hâte qu'il termine le livre pour en rire à notre tour.

Chez moi !
Tout se méritait.
Je faisais la vaisselle et ma mère me donnait " un sou ".


Lorsque j' avais plusieurs sous, récompense de plusieurs vaisselles, fièrement, je descendais au kiosque à journaux en bas de l'avenue Aviateur Lebrix acheter le livre tant désiré.

Que je gardais précieusement !
à coté des autres, bien alignés, dans le secrétaire de ma chambre.


j 'affectionnais particulièrement le journal BERNADETTE, qui paraissait tous les six mois .

C'était un des cadeaux de ma grand mère .


Et si je faisais durer le plaisir de sa lecture, c'est tout simplement parce que je savais qu'entre chaque parution, le temps me paraitrait interminable avant de connaître la suite des aventures de mes héros préférés.



à suivre...


Nicole.

36 | Annette | Crotte alors ! | 1

jjjjjjjjjjvcc
jjjjj

A notre âge
nous ne risquions pas d'attraper
la bonbonite !
Les bonbons étaient une récompense
qu'il fallait mériter.
Mais il existait un endroit
qui avait pour nous la même saveur
que la maison en pain d'épices
d'Hansel et Gretel.
hhhhhhhhhhhhh
yyyyyyyyyy
LA PAPETERIE CROTTE !
JJJJJJJJJ
Et je peux, si longtemps après,
dérouler comme nous le faisions
d'un rouleau de réglisse,
le fil de ces bonbons qui nous faisaient rêver,
en attendant le moment de pouvoir
nous en lécher les babines.
jjjjjjjj

En tête, pour moi, venait le COCO BOER
dans sa boite rouge, bleue ou dorée,
qui tenait dans le creux de la main.
A l'intérieur, une poudre jaune d'or au goût d'anis
qui semblait faire frétiller nos papilles.
On pouvait faire durer le plaisir,
en prenant un peu de poudre avec le doigt,
mais on ne résistait pas longtemps à la tentation
d'y mettre directement la langue.
Et très vite il ne restait qu'une bouillie marron.
On se dépêchait de la finir
pour nettoyer la boite
où l'on cacherait bientôt
un précieux trésor.
On en trouvait aussi dans de petits tubes de verres
avec un bouchon de liège.
Là le risque était grand,
à peine porté à la bouche,
la salive formait avec la poudre
un mélange qui cimentait le haut du tube
et le reste était perdu !
YYYYYYY
PPremier prix ex-aequo
LE MISTRAL GAGNANT,
qui n'existe plus que dans nos mémoires
puisqu'il est impossible d'en trouver une photo !
Imaginez, donc, un petit sachet rectangulaire
de papier vitrail rouge vert ou bleu,
de 8cm de long.
L'extrémité supérieure est repliée autour
d'une large paille de réglisse.
L'intérieur renferme une poudre pétillante
que l'on aspire, qui pique et fait tousser.
On l'avale de travers, c'est délicieux.
Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin.
La marchande soulève l'extrémité inférieure,
nos yeux sont fixés sur ses lèvres...
Quel suspens !
Ce furent nos premiers Agatha Christie !
Il suffisait d'un mot,
GAGNANT ou PERDU,
Et l'on en recevait un autre
ou alors il ne nous restait plus qu'à aller
tousser dans un coin, tout en espérant
que la prochaine fois
peut-être... !
jjjjjjjjjjjjj
Pour nous consoler de tous nos MISTRALS PERDUS,
un rébus.
Celui ou celle qui trouvera la solution
aura un cadeau surprise !


à suivre
hhhhhhhhhh

dimanche 16 novembre 2008

35 | Nicole | Encore un cours d'Histoire...

Soeur Monique de Saint Denys et Mr l'abbé Nicolas.



Soeur Monique directrice depuis sept ans, rappelée par sa congrégation pour y assurer de hautes fonctions, quitte Sainte Anne pour Chartres en 1959.
Elle est remplacée par Soeur Marie Hélène.

Dans la même année,
Mr l'abbé Pirot laisse à son tour la direction de la paroisse
à Mr l'abbé Nicolas.
Fort de son équipe enseignante, dynamique et compétente, l'école augmente encore son effectif.
Sa chapelle est transformée en classe.
Mais les murs sont à nouveau trop petits ;
il faut encore agrandir ...

Soeur Marie Monique du Sacré Coeur. (1962)


En 1962

Mr le curé Nicolas, comme son prédécésseur, le curé Pirot, avec l'aide de ses paroissiens confie à Mr Nogaro, architecte, la construction du dernier batiment situé au dessus du portail de la cour sur la rue Thieux.


Construit sur un vaste préau,

le 1er étage abrite les classes du secondaire.




La cour de l'école en 1962
( au loin on aperçoit ma chère Soeur Marie Monique )


Soeur Louis de Gonzague
( disparue au Vietnam)
pppppppppppppppppppppppppp
En 1966,
Soeur Théophane, puis Soeur Emmanuelle succède à Soeur Marie Hélène,
l'espace d'une année.
En 1967,
Soeur Marie Dominique dirige à son tour l'établissement et sept ans plus tard, son départ met fin à la longue liste des soeurs, qui depuis 1943 ont avec beaucoup de compétences , de passion , et d'amour assuré la direction de l'école.
Une page est tournée !

ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp

Et, en 1975
Mme Mari est nommée directrice de l'établissement.
Elle ne reste que deux ans dans cette fonction.
son époux Mr Mari lui succède en 1977.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppp
C'est le début d'une nouvelle histoire!
à suivre
Nicole

vendredi 14 novembre 2008

34 | Annette | Un véritable cauchemar !

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
yyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy
En 1954
il y avait dans la France de l'après guerre,
un problème de dénutrition des enfants,
d'incitation pour ceux-ci à suivre l'exemple des adultes
à boire bière et vin,
et une surproduction de lait.
Pour y faire face
Pierre Mendès-France,
président du Conseil,
institue la distribution de lait dans les écoles.
tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
Dans son décret,
il a juste oublié de préciser que j'en étais dispensée,
et à cause de cet oubli
j'ai vécu chaque jour de classe,
ce qui reste mon seul mauvais souvenir d'écolière !
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Avant la récréation de l'après midi,
Soeur Lucie passait dans les classes
avec une grande marmite de lait chaud.
J'ai encore dans la main et dans le nez,
la sensation de la timbale en plastique
et son odeur particulière.
Mais ce n'était pas ça le pire !
D'abord, il y avait plein de peaux qui flottaient dans le lait.
Ensuite, il était trop chaud.
Enfin, nous buvions à tour de rôle,
et je trouvais ça dégoûtant.
hhhhhhhhhhhh
Je faisais vraiment de mon mieux
pour retarder le moment fatidique
où j'allais devoir vider ma timbale...
c'est trop chaud !
je n'ai pas soif !
je n'ai pas faim !
ma mère m'en prépare pour mon goûter !
il y a plein de peaux !
hhhhhhhhhh
Mais Soeur Lucie était intraitable,
et mes stratagèmes inutiles
entraînaient railleries et impatience
chez mes compagnes de classe.
Dépêche toi bêcheuse
qu'on sorte en récréation !
tttttt
Et c'est ainsi que contrainte et forcée
je vidais mon verre,
en pensant
QUAND JE SERAI GRANDE
je ne boirai
PLUS JAMAIS
de lait !
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
ssigné beurk, beurk, beurk
jjjjjjjjjjjjjjjj
hhhhhhhhhhhhhhh

jeudi 13 novembre 2008

33 | Nicole | L' heure de la Cloche.

L' heure de la cloche était un instant délicieux !

4Marie Paule avertissait toujours quelques minutes avant :
"ça va bientôt sonner,
rangez vos affaires ..."


telles de petites abeilles travailleuses,
nous soulevions nos pupitres afin de ranger
crayons, livres, et cahiers.

pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
J'étais souvent à la traîne,
et les quelques minutes accordées par Marie Paule
avant que la cloche ne sonne n'étaient pas suffisantes.


Le soir,
préparer mon cartable, était pour moi un exercice fastidieux.
Rien ne devait être oublié !
si je ne voulais pas être punie ,une fois rentrée à la maison.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Sur mon cahier de texte,
consciencieusement,
j'avais noté la leçon à apprendre par coeur et le devoir à faire pour le lendemain.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
La plupart du temps
c'était un problème d'arithmétique,
il fallait recopier la solution sur le cahier du soir
après le passage obligé du cahier de brouillon.

D'ailleurs, celui ci était mon préféré!
je l'affectionnais particulièrement
car je pouvais faire plein de grosses taches d'encre
et de ratures sans me faire gronder.

Sur mon cahier de récitation,
je pouvais dessiner sur les pages blanches
et j'aimais aussi mon cahier d'histoire
ou je pouvais coller plein d'images que j'achetais
Chez " Crotte "
la papeterie du quartier bien connu des enfants.

De grandes planches de portraits de personnages historiques
que le soir je découpais soigneusement
pour les coller ensuite sur mon cahier.

" Crotte "
c'était notre caverne" d'Ali Baba "
ou
des coquilles remplies de caramel doré
et des confiseries aussi délicieuses les unes que les autres
côtoyaient toutes sortes d'objets d'écolier.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppp
je détestais le calcul !
et tout en préparant mon cartable,
je pensais qu'une fois rentré à la maison
je passerai une bonne demie heure à rêvasser
le nez sur ma feuille en suçant le bout de mon crayon.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Donc,
lorsque la cloche sonnait,
toutes les élèves se précipitaient vers la sortie
sauf moi !
je n'avais pas encore commencé à ranger mon cartable...
je comptais, recomptais,
deux fois, trois fois, dix fois livres et cahiers afin d' être sure de ne rien oublier.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Souvent
je faisais seule le chemin pour rentrer à la maison .


Mais, si par hasard
il prenait l'envie à ma mère de venir me chercher,
elle savait, qu'elle serait la dernière maman à attendre
sur le trottoir .


Et je serais vexée d'avoir été prise en flagrant délit
de " lenteur ".
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Alors,
après m'avoir embrassé affectueusement et m'avoir dit
" Nicole,
tu es encore la dernière,
toutes tes petites amies sont déjà sorties ! "


je savais qu'ensuite j'aurai droit à la sempiternelle question
"" Qu'as tu fait à l'école aujourd'hui ? "

Alors comme toutes les autres fois
je ferais mine de réfléchir,
pour ne pas lui faire trop de peine
tout en sachant d'avance que je lui répondrais
Rien!




Nicole

mercredi 12 novembre 2008

32 | Annette | Passez Pompons Les Macarons...

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh


C'était l'un de mes jeux préférés
hhhhhhhhhhhhhhhhh
passez pompons les macarons
les portes sont ouvertes
passez pompons les macarons
les portes sont fermées...
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
Cette ribambelle qui serpentait dans la cour,
était formée d'une succession de deux
se faisant face, main dans la main
et les bras tendus levés bien haut.
Elle entraînait fou-rires et cavalcades.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Tout se passait très vite
en chantant bien fort et souvent bien faux.
Les deux dernières passaient en courant
sous le pont formé par les bras tendus,
et devenaient les premières.
Pas pour longtemps
car elles étaient rattrapées par les deux suivantes
etc.
jjjjjjjjjjjjjj
Chaque fois que le refrain s'arrêtait,
celles qui franchissaient le pont trouvaient les portes
fermées !
et avaient à peine le temps de quitter le jeu,
qu'il reprenait jusqu'à qu'il ne reste
que les deux gagnantes.
hhhhhhhhhhhh
Il existe une autre version...
passez pompons les carillons
mais j'ai toujours préféré la première,
parce que je suis gourmande
et que j'adore les macarons
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Louisette, ma belle-mère
cite la seconde version
dans ses souvenirs d'enfance de 1927 !
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

mardi 11 novembre 2008

31 | Annette | Bombi...Bomba... Certificat...

31 JJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjkkkkkkk
Bombi... Bomba... Certificat...
L'on dit parfois que l'on a un air dans la tête...
Moi c'est toute ma vie que j'ai eu celui-là !
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
C'était toujours au même endroit
que nous jouions à la balle.
Juste à l'entrée de la cour,
en utilisant le mur de la Cantatrice pour la faire rebondir.
nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
Ce jeu là,
une succession de gestes à accomplir
en chantant cette comptine,
demandait adresse et acrobaties.
Si la balle tombait à terre, on laissait son tour
à l'une des six ou sept amies qui n'attendaient que ça pour
faire encore mieux !
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Ma mémoire a conservé intact
le souvenir de ces parties interminables,
et je peux décrire la scène dans ses moindres détails.
Qui jouait, comment nous étions habillées,
ce qui se passait dans d'autres endroits de la cour
au même moment,
et surtout énumérer les gestes propres à ce jeu.
La difficulté en était croissante
et rares étaient celles qui réussissaient à arriver à la fin.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Entre chaque rebond de la balle,
on se touchait successivement
le front, la poitrine, chaque épaule, coude, genou et pied,
et on recommençait, en posant en plus la main à terre.
Je pouvais fredonner l'air, mais je n'avais retenu des paroles
que les trois mots cités plus haut.
Et j'avais, à maintes reprises, cherché
dans des livres de jeux d'école,
dans des récits d'enfance,
et dans les moindres recoins de ma mémoire,
quelle pouvait en être la suite.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
l Il y a plusieurs années
je passais quelques jours à Millau,
autre paradis de mon enfance.
J'y étais en bonne compagnie,
chez Charly et Paulette
à qui le nom d'oncle et tante va si mal,
tant nous faisions un trio d'amis.
J'adorais ces séjours où nous évoquions le passé.
Le nôtre, celui de ma grand-mère, de ses parents...


hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
AAu cours de la même journée,
j'ai eu par deux fois le coeur qui s'est mis à battre
à tout rompre.
Le matin, en mettant la main sur un livre,
ou, pour être plus proche de la vérité,
quand un livre m'est venu dans la main
et qu'il s'est ouvert à une page intitulée
les formulettes,
et qu'avant même de la lire
je savais ce que j'allais y trouver.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
L'après-midi, quand avec Paulette
nous avons retrouvé la première maison
de ma grand-mère.
Elle y vécut au même âge que celui de mes jeux,
et ce n'est pas sans émotion
que je retranscris ces paroles
qu'elle a sans doute chanté elle-même,
et qui au fil des générations
se sont transformées...

Pomi
Poma
Labellafia
Sanctificat
Premièrement
La main au front
A la poitrine
etc...



ps Any et Nicole chantaient, comme moi à l'époque,
bombi, bomba, certificat, de bonnes études, la main au front...

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj ,,

30 | Nicole | Ploum ploum ploum... Un, Deux, Trois ce sera toi...

1959 -
un petit cochon pendu au plafond, tirez lui la queue il pondra des oeufs
combien en voulez vous sans calculer et sans réfléchir
1. 2. 3. ce sera toi......
Souvenez vous
Cela s'appelait faire " la poire ".

pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp

Maddy Campana, Josette Marcelli, Thérèse Glandier, Anne Marie Paget, Gabrielle Viala,
Lili Vincentelli
et toutes les autres....



jardin d'enfant 1957 ou 58-
" Sur le pont de Nantes ,

sur le pont de Nantes ,

un bal est affiché
la belle Hélène voudrait aller danser

ohé ohé ohé "

pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
si je me souviens bien,l'histoire finissait mal,

car le pont s'écroulait.

pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Nous formions une ronde.

Le fermier dans son pré, le fermier dans son pré
Le fermier prend sa femme, la femme prend son enfant...
A la fin la souris prend le fromage et le fromage est battu.

bien entendu :
celle que l'on aimait le moins

devenait le fromage.
Vous en souvenez vous ?


Allez les filles ! jouons encore un peu à la marelle ou au ballon prisonnier.



Nicole

lundi 10 novembre 2008

29 | Nicole | Sortez vos cahiers ! encore un cours d'histoire .

L'abbé Jean Pirot et Mme Battestini





En 1953 Mr L'abbé Jean Pirot succède à l'abbéPeyrol et prend en charge les affaires de la paroisse.
1953 c'est aussi l'année ou , Melle Bernard reçoit les palmes académiques et la médaille d'argent
du Mérite Diocésain.

"Je pars tranquille dit elle ,en recevant des mains de Mr le Curé sa distinction, je sais l'école en de bonnes mains."



En de bonnes mains, certes l'école l'est, puisqu'en 1955 elle est déjà trop petite : de cent élèves elle passe à deux cents. Il faut absolument agrandir, ou refuser des enfants.
Les locaux affectés aux soeurs sont eux -mêmes insuffisants.

Convaincu que l'agrandissement de l'école est vital, Mr le Curé Pirot réunit le conseil paroissial et fait appel à la générosité de ses paroissiens.



En 1955 les ouvriers de Mr Bourelly ouvrent le chantier, en juin 1956 ,la maçonnerie est terminée et à la rentrée les élèves prennent possession des nouveaux locaux.

On envisage maintenant de conduire les enfants jusqu'au brevet élémentaire.

à suivre...

Nicole.

mardi 28 octobre 2008

28 | Nicole | Le chemin secret.

Pendant les vacances !
je retrouvais Mireille
Mireille était ma voisine, ma compagne de jeux, ma confidente et ma meilleure amie,
elle allait à l'école laïque du " Coin Joli ".
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Nous étions heureuses de nous retrouver le soir après la classe,
nos devoirs terminés et nos leçons apprises
et surtout durant les périodes de vacances scolaires.
Le Trioulet
me paraissait immense à l'époque,
avec ses quatorzes étages et son magnifique parc.
Mais l'enchantement résidait dans les grands prés qui l'entourait.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Entre Trioulet et Coin Joli,
au delà des champs de maïs
il y avait une ferme
ou quelquefois , j'accompagnais ma mère faire sa provision de légumes
et d'oeufs frais.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Entre Trioulet et Michelet,
il y avait " le Château ".

" Le château de la Comtesse "
Ancienne demeure de Mme de Sevigné,
pareil à ceux dessinés sur les gravures des livres de contes,
avec de grandes statues alignées le long des allées
qui paraissaient nous observer
pendant que nous les regardions en silence à travers les feuillages.
Mireille et moi, nous pensions
qu'il existait un trésor caché dans les racines des grands arbres centenaires,
mais qu'avant de le trouver,
il fallait emprunter le chemin secret.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Bien sur
nous étions magiciennes.
Il suffisait d'imaginer
pour voir !

et, nous passions des journées entières
à chercher le chemin qui nous conduirait au trésor.
Avec le fol espoir de ne jamais le trouver...
L'aventure aurait été terminée !
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
L'enchantement,
voulait que chaque soir,
nous rêvions de pouvoir repartir à sa conquête
le lendemain.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
L'affection que j'ai gardé pour les vieux arbres doit sans doute remonter à cette époque !
et puis,
le temps s'écoulant, nous avons grandies,
sommes passées à d'autres jeux
et le chemin secret est toujours resté
" secret "
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
J'y pense parfois
lorsque je pars flâner vers les grands arbres du parc du Trioulet
et je me demande
quelle magie avait bien pu opérer cette année là.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Maintenant, je sais qu'il existe vraiment
ce chemin secret caché dans les racines des grands arbres centenaires
Nous l'avions déjà trouvé sans le savoir!
il est toujours présent au plus profond de nous mêmes.
pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp
Et si parfois
il vient à ressurgir
lorsque les peines et les morsures de la vie viennent nous bousculer.
Nous l'empruntons alors sans le savoir et, il nous guide pas à pas
vers ce fabuleux trésor de notre enfance :
"La joie de vivre "


à suivre...
Nicole

samedi 25 octobre 2008

27 | Nicole | Coucou les filles ! Venez jouer avec nous....

1. 2. 3. SOLEIL....1954.
Ou êtes vous ?
Chantal et Michèle Fourcroy,
Christiane Brun, Eliane et Jacqueline Ferrero,
Annick Degremont,
Michèle Girard, Bernadette Brémond, Danièle Tourame,
Frédérique Deleage.......
1. 2. 3. SOLEIL ... 1956.
Ou vous cachez vous ?
Gabrielle Viala , Josiane Bonnet, Colette Barbieri.....

1. 2. 3. SOLEIL ...1957.
Venez nous rejoindre , nous vous attendons.....
Eliane Ferrero, Anne Marie Bonnardel.....
et toutes celles que je reconnais et dont j'ai oublié le nom.

En attendant la rentrée !
Je vous dit à toutes ...

1. 2. 3. SOLEIL .



à bientôt avec nous






nicole

vendredi 24 octobre 2008

26 | Annette | Vivent les vacances !

kkk

bbbbbbbbbbbbbbbb
Vivent les vacances
La cocotte danse
Les cahiers au feu
Et la maîtresse au milieu.
nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
Je n'ai plus de maîtresse à mettre au milieu...
Et nous les aimions tellement nos maîtresses !
Jamais nous n'aurions pu faire une chose pareille.
Nous les aurions prises par la main,
et elles auraient fait la ronde avec nous...
hhhhhhhhhhhhhhhhhh

Je serai là le jour de la rentrée.
A bientôt
Annette

PS d'Annhhhhhhhhhhhhhhhh

jeudi 23 octobre 2008

25 | Annette | Les talons hauts

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

Comme beaucoup de petites filles de mon âge
j'étais fascinée
par les chaussures à talons.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Elles symbolisaient pour moi,
l'âge adulte,
le jour, où je ferai tout ce que je voudrais.
C'était aussi me projeter dans mon futur rôle de dame,
auquel je me préparais très sérieusement,
en empruntant les chaussures de ma mère
dès qu'elle avait le dos tourné.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Mes petits pieds qui chaussaient du 26
avaient du mal à rester en place dans son 38.
Mais je faisais de mon mieux pour apprendre
à marcher avec.
nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
Quand avec mes amies
nous jouions à nous rendre visite,
à parler de nos maris et de nos enfants,
nous mettions des cubes dans nos souliers
pour parfaire notre déguisement.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
C'est dire à quel point l'idée d'en porter plus tard
des vraies,
était une évidence !
lllllllllllllllllllllllllllllllll
Or, un jour, après une grosse bétise,
peut-être l'histoire du bonbon,
je tremblais en attendant le moment
où mes parents seraient au courant.
hhhhhhhhhhhhhhhh
Pendant la récréation,
je me suis enfermée dans les cabinets,
et j'ai promis à Dieu
que si j'échappais à la punition,
je ferai le sacrifice
de ne
JAMAIS
porter de chaussures à talons.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Je ne fus pas punie,
et oubliant bien vite ma promesse
je repris mes jeux de dame.
llllllllllllllllllllll
Or, il se trouve que comparant
la vie de mes frères et la mienne,
je regrettais de ne pas être un garçon.
Je me mis à jouer aux voitures,
à vouloir couper court mes cheveux,
et à m'imaginer plutôt en pantalon
qu'en robe du soir.
bbbbbbbbbbbbbbbb
La morale de cette histoire... ?
hhhhhhhhhhhhhhhhh
Je suis devenue assez vite,
ce qu'à l'époque on appelait un garçon manqué.
J'ai grandi,
et j'ai adopté les jeans pour ne plus les quitter.
Quand à mes pieds,
ils ont vu défiler toutes sortes de chaussures...
mais
je n'ai
JAMAIS
porté
de chaussures à talons !

nnnnnnnnnnnnnnnnn


24 | Nicole | Le cache-nez.



j'étais encore dans la classe de Marie Paule.
Ce jour là, alors que j'étais assise sur un banc au soleil dans la cour,
une petite vint me trouver.
" petite "
désignait alors une élève de 9ème ou 10ème.

Donc la petite en question
vint chuchoter à mon oreille d'un air préoccupé :
"Ma mère va avoir un bébé ....."

Feignant à son égard une indifférence calculée
mais visiblement intéressée par l'affaire
je lui rétorquais un banal :
" Ah bon ! comment le sais tu ? "

Novice en la matière
" la chose " en question
ne faisant sans doute pas encore partie de mes préoccupations,
je l'incitais à la confidence.

" Je le sais ! me dit elle affirmative,
j'ai vu mon père embrasser ma mère dans le cou
et maintenant elle va avoir un bébé ! "

Après quelques minutes silencieuses elle se leva du banc pour partir jouer à la marelle,
me laissant seule et rêveuse, plantée au milieu de la cour.

Les jours qui suivirent cette révélation,
ma mère fut très étonnée de me voir partir tous les matins à l'école
un cache-nez enroulé autour du cou.

Nicole

mercredi 22 octobre 2008

23 | Annette | Le bonbon


Juillet 1957
Ma maîtresse de 9ème,
Madame Tronc, quittait l'école...
ggggggggggggggggggggggggggg
CComme cadeau d'adieu,
maman avait acheté une belle boite de bonbons,
bien emballée et enrubannée.
ggggggggggggg
JJ'étais très gourmande,
et tout le long du chemin
je ne cessais de penser à cette boite dans mon cartable.
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
C'était mon livre préféré.
J'adorais tout ce que Sophie faisait,
en oubliant très vite les conséquences de ses bêtises !
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
J'arrive à l'école en avance,
et c'était comme si Sophie me chuchotait à l'oreille,
si tu goûtais juste un bonbon
personne ne le verrait...
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
Je vais me cacher sous l'estrade installée dans la cour,
j'ouvre la boite et prends un bonbon.
Il était délicieux !
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
La cloche sonne.
Vite, tant bien que mal,
je remballe la boite
rattache les rubans
et dans la précipitation,
j'avale mon bonbon de travers.
Je m'étrangle et tousse à perdre haleine.
Quand je rentre en classe,
j'en ai encore les larmes aux yeux.
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
Soeur Monique était là et s'exclame
oh, que cette petite Annette est gentille,
elle pleure parce que sa maîtresse s'en va !
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
Madame Tronc, sans doute m'aimait beaucoup,
parce qu'elle n'en a rien dit à mes parents.
Sinon que je garderai encore,
le souvenir de la fessée !



22 | Nicole | 1935. La Pépinière.

ppppppp 1935 : le premier jardin d'enfants. Au milieu Melle Marinier (Mme Tronc)


En 1935, Mademoiselle Bernard offre à Ste Anne le premier jardin d'enfants

" ce sera la pépinière " dit-elle.


Mme Tronc en est la première jardinière.

à suivre.....

Nicole.

mardi 21 octobre 2008

21 | Nicole | Le boulevard Luce.

pppppppppppppp Le boulevard Luce. gravure de 1900

" Ce long boulevard qui relie Michelet au chemin de Sainte Anne et que j'empruntais tous les jours pour me rendre à l'école .... "
Je sortais du Trioulet du coté de la rue Aviateur Lebrix
je descendais jusqu'à Michelet en prenant bien soin de marcher sur le trottoir comme le recommandait ma mère
je passais devant le kiosque à journaux ou je repérais les nouveaux livres que je pourrais m'acheter lorsque j'aurai fait plusieurs vaisselles.
puis remontais le boulevard Luce en direction de Sainte Anne
enfin la rue Thieux
je suis arrivée

à suivre....
Nicole.

lundi 20 octobre 2008

20 | Annette | Du haut de mes trois pommes... | 2

jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
1955 1956
classe de 10ème
fin d'année
hhhhhhhhhhh hhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHhhhhhhhhhhhhhh
kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk
Avec notre classe, les petits du jardin d'enfants.
Mon jeune frère est encore là,
mais il a bien changé.
Avec ses cheveux courts, c'est un vrai garçon
et il ne va pas tarder à quitter l'école.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Quelques camarades de classe
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Martine Galand
bien que je ne sois pas tout à fait certaine
que ce soit elle.
Elle habitait l'allée des buis,
et sa soeur y vit encore.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Régine
dont j'ai oublié le nomh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhh
Marie Richaud
qui était ma préférée.
Nous ne nous sommes pas quittées jusqu'à la 7ème.
Bien que je ne la retrouve pas sur la photo,
sa cousine Elisabeth Brun était en classe avec nous.
Quand, plus grande, je rentrais seule,
nous partions quelquefois toutes les trois
par le boulevard Luce.
Nous allions chez Marie, où nous goûtions
de feuilles de salade entre deux tranches de pains.
C'était surprenant et délicieux, et ça valait bien
de se faire gronder pour être rentrée en retard !
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
D'autres visages me sont familiers,
mais leurs noms se sont envolés...
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Peut-être, le hasard aidant, l'une d'entre elles
arrivera jusqu'à nous,
et complètera la liste
de celles qui ont partagées ces belles années...
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk

19 | Annette | Les petits drapeaux !

kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk
En juin 1955, visite de Monsieur le Président Coty
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
C'etait un véritable évènement
car à l'époque, la télévision n'existait pas.
gggggggggggggggggggggggg
TTous les écoliers ont congé pour l'occasion
et notre école se déplace
pour voir passer le cortège.

hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Nous sommes partis tous ensembles
par le boulevard Luce pour nous joindre à la foule
amassée le long du boulevard Michelet.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Ce fut très bref.
Un cortège de motards
un défilé de voitures noires qui brillaient au soleil.
Et ça y est, il était passé !
hhhhhhhhhhhhhhhhh
L'après-midi nous étions bien contents,
grâce à lui, c'était jeudi !
NNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN
NNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN

18 | Nicole | Le jour de ma Confirmation.

A l'école Sainte Anne nous avions aussi des cours d'instruction religieuse.
Dispensés souvent par les soeurs, parfois par Mr le curé,
ce qui nous paraissait bien plus amusant.
Chez Marie Paule
Ce fut l'année de ma confirmation.
Au pensionnat Cluny j'avais fait en 1954 ma première communion
certains l'appelaient aussi faire sa "communion privée"
je ne saurais dire pourquoi!

La Confirmation!
Un bien mot bien sérieux pour une petite fille de neuf ans.

Mr le curé Pirot
nous avait expliqué que c'etait Monseigneur l'évêque de Marseille
qui allait celebrer cette grande cérémonie
pour nous donner le " don de Dieu "
Avec mon imagination de petite fille j'avais comparé ce don à un fabuleux cadeau .
Une sorte de lumière qui allait certainement me tomber sur la tête
avant de descendre au plus profond de mon coeur
pour acquérir cette sagesse qui me faisait surement encore défaut.
N'ayant pas tout a fait compris ce qui allait se passer,
j'essayai de me rassurer
en regardant les images pieuses plaçées entre les pages de mon missel
représentant les apôtres le jour de la Pentecôte.
La même chose allait nous arriver !
Mr le curé nous l'avait dit.
j'avais choisi Odile parmi les " grandes " de l'école comme marraine.

Parfois l'imagination peut engendrer des situations singulières.
A Cluny, l'année précedente
une religieuse m'avait fait écrire sur la première ligne de mon nouveau cahier de catéchisme
" Nicole, fille de Dieu ".
Ce fut un choc !
Mes parents, le savaient ils ....
je me souviens avoir réfléchi longuement sur le chemin du retour
comment leur annoncer, sans trop leur faire de peine,
que je n'étais pas leur fille.

Et puis,
voilà que Mr le curé de Sainte Anne nous avait parlé des Péchés.
Il nous avait expliqué qu'ils en existaient deux sortes :
le péché " véniel " qui n'était pas bien grâve
et le " mortel " qui lui à mon avis...
nous faisait tomber subitement raide mort.

Après cette nouvelle terrifiante, dès que je n'étais pas très sage ou très charitable
je retenais soudain ma respiration pendant quelques secondes,
attendant le jugement de cette autorité divine qui tenait ma vie en suspens.
Survivant à chaque fois,
c'est avec facilité que je pus faire un tri parmi les péchés à pratiquer sans la moindre représaille.
ppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp Nous allions nous confesser dans la petite chapelle de l'école.
Comme je trouvais que ma liste de péchés n'était pas assez longue,
j'en inventais des futurs...
En prévention sans doute!
ppppppppppppppppppppppppp
Aujourdhui la chapelle n'existe plus !
C'est devenue une salle de classe.

Le jour de ma confirmation toute la famille était réunie.
J'étais la "vedette"
Il fallait que je me tiennes bien car tous les regards étaient fixés sur moi.
j'étais le clou de la fête !
et cela ne me déplaisait pas du tout.

La journée avait pourtant mal commencée !
Grand maman , un ange de patience, devait ajuster le voile,
maman ayant renoncé depuis ma première communion à cette épreuve.
Le voile ne me plaisait pas, je voulais une couronne de roses blanches.....
je n'aimais pas les deux tortillons qu'elle avait fait de chaque coté de ma tête...
Enfin, tout allait de travers
et j'étais en larmes !
"Et bien ! ça promet pour le jour de son mariage !
s'est exclaffée en riant ma grand mère.

Il est certain qu'à ce moment là , " la lumière" de l'Esprit Saint ne m'avait pas encore touchée !

Seulement le soir venu, fatiguée après cette longue journée de fête
je me souviens m'être endormie sagement.
Paisible et éclairée, surement, en état de sainteté jusqu'au petit matin.

Nicole

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